Road tripes - Sébastien GENDRON
Albin Michel, 2 avril 2013, 280 pages
Résumé de l'éditeur :
Quand deux paumés décident de jouer aux cow-boys sur des routes où les pompes à essence ont remplacé les Indiens, cela donne une course folle et déjantée entre Bordeaux et Montélimar, soient 4000 kilomètres en dents de scie à manger des sardines à l'huile et des gâteaux secs, à foutre le feu aux forêts et à vider un fusil pour secouer le décor...
Mon avis :
Un road movie littéraire à la française.
Finalement, moi qui n'aime pas trop cela et dans les films et dans les livres, je ne pouvais qu'être déçue.
Certes, l'intrigue va de rebondissements en coups fourrés hallucinants. Mais cela n'a pas suffi à me captiver.
J'ai trouvé les personnages bien palots et à peine ébauchés, dommage.
Dans quelques jours, il ne m'en restera pas grand chose.
L'image que je retiendrai :
Celle de la R16 auquel le propriétaire tient tant.

L'île des chasseurs d'oiseaux - Peter MAY
Actes Sud, 12 novembre 2011, 424 pages
Résumé de l'éditeur :
Marqué par la perte récente de son fils unique, l’inspecteur Fin Macleod, déjà chargé d’élucider un assassinat commis à Edimbourg, est envoyé sur Lewis, son île natale, où il n’est pas retourné depuis dix-huit ans. Un cadavre exécuté selon le même modus operandi que celui d’Edimbourg vient d’y être découvert.
Sur cette île tempétueuse du nord de l’Ecosse, couverte de landes, où l’on se chauffe à la tourbe, pratique encore le sabbat chrétien et parle la langue gaélique, Fin est confronté à son enfance. La victime n’est autre qu’Ange, ennemi tyrannique de sa jeunesse. Marsaili, son premier amour, vit aujourd’hui avec Artair.
Alors que Fin poursuit son enquête, on prépare sur le port l’expédition rituelle qui, chaque année depuis des siècles, conduit une douzaine d’hommes sur An Sgeir, rocher inhospitalier à plusieurs heures de navigation, pour y tuer des oiseaux nicheurs. Lors de son dernier été sur l’île, Fin a participé à ce voyage initiatique, qui s’est dramatiquement terminé.
Que s’est-il passé alors entre ces hommes ? Quel est le secret qui pèse sur eux et resurgit aujourd’hui ?
Mon avis :
Froids profonds, pluies battantes, crachins interminables, que cette île d'Ecosse est belle..... à lire au coin d'un feu de tourbe de cheminée.
J'ai beaucoup aimé l'alternance des points de vue narratifs : chapitres écrits à la personne du "je" où le narrateur raconte son enfance sur l'île - chapitres écrits du point de vue d'un narrateur omniscient racontant les avancées de l'enquête.
Car tout nous est dévoilé par petites touches, l'auteur nous prenant ainsi au piège.
En revanche, j'ai moins aimé la révélation finale, un peu trop caricaturale à mon goût. J'imagine difficilement une telle amnésie.
Que les enfants sont cruels quand ils sont jeunes, mais les aléas de la vie se charge, en général, de les remettre dans le droit chemin. Sauf exception. Et cette exception, dans le roman, est difficile à trouver.
Et je n'ai pas honte de le dire : j'aurai bien aimé goûter un de ces gugas dont il est question, à la chaire si tendre et savoureuse.
En revanche, je n'aimerai pas vivre sur cette île de landes battues par les vents et les pluies. Et comme aurait dit ma grand-mère "Pour y vivre, faut y être née". Ce qui n'est pas mon cas, même si je suis attachée à l'Ecosse par le coeur.
L'image que je retiendrai :
Celle du pneu de tracteur encastré dans la boutique du village, après que les enfants l'ai volé au village voisin pour avoir le plus grand feu de l'île.
Merci M. May pour votre dédicace et votre sourire lors du Quai du polar. Je reviendrai certainement faire un tour sur votre île du fin fond de l'Europe dans laquelle ont parle encore gaëlique.

Le premier appelé - Christian EGO
Editions Toucan, 15 mai 2013, 450 pages
Résumé de l'éditeur :
Septembre 1941. Une section de volontaires français de la LVF combattant dans la grande plaine ukrainienne, ne donne tout à coup plus aucune nouvelle. Une disparition totale qui durera vingt-quatre heures avant que les hommes ne rejoignent leur unité. Qu'ont-ils fait ?
Juin 2003. Double meurtre dans la forêt de Rambouillet. Deux inconnus, deux citoyens sans histoires exécutés de sang-froid. Chargée de l'enquête, la commissaire Evelyne Delmas de la PJ de Paris, n'y comprend rien. Les recoupements ne mènent qu'à un vieil octogénaire qui finit ses jours dans un pavillon de banlieue. Jusqu'à ce qu'un mystérieux correspondant à l'accent slave vienne suggérer un point commun inhabituel : tous ces personnages sont passés récemment par l'Ukraine...
Pour comprendre ce qui lui arrive et empêcher le sang de couler à nouveau, la commissaire Delmas va devoir remonter le fil de l'Histoire. Mais attention, le passé est à vif.
Mon avis :
Un roman policier intéressant sur fond d'histoire. Très classique dans sa narration, il est pourtant plein de rebondissements intéressants, de chassés-croisés qui nous tiennent en haleine du début à la fin.
Les personnages sont pleins de ressources ; la mise en place de l'action principale est bien pensée et tout simplement géniale. Même si certains personnages y laissent leur vie, le scénario est machiavélique et intelligent.
Quelques notes d'humour viennent ponctuer le récit, ce que j'apprécie.
Les deux principaux personnages féminins sont bien de leur temps, intelligente et donc intéressantes. Elles ne sont pas cantonnées à des faire-valoir, ce qui est appréciable.
En revanche, le premier appelé dont il est question dans le titre n'intervient que tardivement dans le récit et ne tient que peu de place, somme toute.
J'ai donc passé d'agréables moments de lecture qui m'ont replongés en pleine canicule de 2003.
Et puis une partie de l'action se déroule dans mon département d'adoption dont l'auteur parle si bien. (Si après la lecture, vous n'avez pas envie de venir passer vos vacances à Montbrison, c'est que vous êtes insensibles).
Un auteur à suivre (et ce n'est pas seulement parce qu'il est du cru).
L'image que je retiendrai :
Celle des bombes explosives et incendiaires qui servent à faire disparaitre les preuves, venues de l'ex-Urce.
Je remercie Babelio et son édition de Masse Critique pour l'envoi de ce polar que mon "cher et tendre" s'est empressé de me chiper.

Ta mort sera la mienne - Fabrice COLIN
Sonatine, 28 mars 2013, 350 pages
Résumé de l'éditeur :
Un motel.
Un tueur en noir.
Soixante-six étudiants.
Le cauchemar commence.
Un motel tout confort, une promotion d'étudiants aux anges, les plaines grandioses de l'Utah en toile de fond : tout est prêt pour un séminaire littéraire idyllique. Et puis, au soir du premier jour, un homme casqué descend de moto et sort un fusil à pompe de son sac. Le rêve tourne au cauchemar.
Au même moment, un mail arrive au poste de police de Grand Junction. Une employée du Red Cliffs Lodge appelle au secours : un tueur fou abat les clients au hasard, semant une panique monstre. Dans le miroir des toilettes, le chef de la police, Donald, contemple son reflet avec effarement. Ce motel-là, songe-t-il. Précisément aujourd'hui.
Au coeur de la fusillade, terrifiée et rendue à moitié sourde par les détonations, une étudiante, Jillian, trouve refuge dans une chambre où se terre déjà Karen, sa conseillère d'éducation. À voix basse, les deux femmes engagent la conversation. Karen en est sûre : elle connaît le tueur.
Et si ce massacre n'avait rien de gratuit ? Et si tout avait commencé des années auparavant sur une île isolée, à l'abri des regards, l'endroit idéal pour commettre l'indicible ?
Mon avis (attention spoiler, un peu) :
Découvert avec "Blue Jay Way", je poursuis ma route en compagnie de cet auteur.
Si la lecture de son précédent roman m'avait laissé comme un goût d'inachevé tant le tempo de la narration était lent, dans ce dernier roman, au contraire, j'ai été emportée par le rythme.
En effet, l'action en elle-même se déroule sur une poignée de minutes, le temps de commettre un carnage. Mais aussi le temps, pour les trois principaux protagonistes, de raconter leur histoire, et ce qui les lie.
D'incessants flash-back rythment le récit, nous emmenant de l'archipel des Keys en Floride jusqu'au désert du Nevada.
Mais il est également question de secte dans ce roman, et des dommages collatéraux perpétrés sur les enfants qui ont grandi en son sein. L'auteur en a une vision bien noire.....
C'est également le roman de ces adultes qui ont cru en une autre spiritualité possible, acceptant aveuglément de suivre des préceptes.
Sans oublier le père de l'homme au casque qui se réfugie dans l'alcool et la nourriture. Mais qui ira tout de même jusqu'au bout avec son fils.
C'est, enfin, l'histoire d'une femme qui a su tirer les ficelles et ne jamais être inquiétée pour ses crimes. Non, tout ne se finit pas bien au pays de Mickey. Je m'étonne d'ailleurs que l'homme au casque n'ait pas cherché à lui faire la peau en premier, preuve de l'aveuglement de sa haine.
L'image que je retiendrai :
Celle de l'errance de l'homme au casque qui, sur sa moto, traverse les Etats-Unis de la Floride au Nevada sans voir la route.
Un gros point rouge, en revanche, pour les Editions Sonatine qui ont laissé passer plein de fautes de syntaxe. Une, ça va, mais quand cela revient toutes les 20 pages, c'est lassant. Ce roman méritait mieux.

Marketing viral - Marin LEDUN
Le livre de poche, 2 décembre 2009, 471 pages
Résumé de l'éditeur :
A l'université de Grenoble, Nathan Seux travaille sur la sexualité. Ses recherches convergent vers un étrange laboratoire qui prétend utiliser génétique et nanotechnologies dans des buts alarmants : marketing, contrôle du corps et de l'esprit, «amélioration de l'homme». Il cherche à en savoir plus, mais ses étudiants sont assassinés les uns après les et toutes ses pistes semblent déboucher sur des bains de sang.
En Allemagne, aux Etats-Unis et en France, un mystérieux groupe se revendique de cultes préchrétiens disparus et oeuvre clandestinement à l'avènement des anciens dieux.
Quels liens unissent tous ces scientifiques apprentis sorciers en quête d'un «homme meilleur» ? Et qui est vraiment la jeune Jézabel, élevée dans le secret par un père paranoïaque et promise à un grand destin ? Pourchassés, acculés, Nathan et ses amis vont essayer de mettre à jour et de déjouer une menace bien plus terrifiante que tout ce qu'ils osaient imaginer.
Mon avis :
Après avoir suivi les recommandations de l'auteur et lu en premier "Dans le ventre des mères", je me suis "attaqué" à ce roman-ci.
Si j'ai bien aimé les premières pages, je me suis en revanche un peu perdue au milieu des explications techniques ; je n'ai pas aimé les pages sur la détention de Jezabel (dont je savais qui elle était) ; et l'imbrication entre les deux récits, par ses redites, m'a quelque peu agacé.
Bref, je n'ai pas accroché à ce roman. Mais je n'abandonne pas l'auteur pour autant.
L'image que je retiendrai :
Celle de la chambre rouge dans laquelle est retenue Jezabel.

Le combat ordinaire : tome 2 - Manu LARCENET
Dargaud, 6 mai 2004, 66 pages
Résumé de l'éditeur :
À travers l’histoire d’un jeune photographe de presse s’interrogeant sur ce qu’il doit faire de sa vie, Larcenet brosse une comédie parfois drôle, parfois triste sur le passage à l’âge adulte, sur l’amour et les choix qu’il implique, sur notre comportement vis à vis des autres et du passé.
Mon avis :
Je continue ma lecture de cette série. Mais je dois avouer que je suis moins emballée par ce second tome.
Plus triste, sans doute, j'ai trouvé que le personnage principal stagnait quelque peu.
Qu'à cela ne tienne, je continuerai tout de même, car cet auteur sait me toucher.
L'image que je retiendrai :
Celle des photos d'ouvriers que prend le photographe.
































