dimanche 15 novembre 2009
Dimanche poétique # 2
A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,
Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;
U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;
O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges ;
- O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux !
Voyelles,
Arthur Rimbaud
D'autres poèmes chez Celsmoon, Edelwe, Mango, Lepetitmouton, Abeille, Emmyne, Paradoxale, Chrestomanci, Mariel, Laurence, Ankya, Herisson08, Anjelica, Schneeweiss, George, Uhbnji, Fleur, Armande, Restling, Satya, Violette, Zik, Lystig, Amos, Esmeraldae, Bookworm, Emma, Julien, Marie, Yueyin, Soie....
samedi 14 novembre 2009
Trois femmes puissantes - Marie NDIAYE
Gallimard, 20 août 2009, 315 pages
Prix Goncourt 2009
Norah revient voir son père qui a perdu son affaire de village de vacances. Elle a laissé à Paris sa fille, son compagnon et la fille de celui-ci. Norah est une femme très organisée et elle craint que son ami, qui se comporte encore comme un enfant parfois, ne soit pas à la hauteur. Chez son père, plus rine ne subsiste du faste d'antant : plus personne ne vit dans la grande maison, si ce n'est un serviteur et les 2 filles du père. Norah va découvrir peu à peu que son père lui à demander de revenir pour défendre son frère alors en prison. Norah se souvient que ce même frère avait été enlevé à sa mère et ses 2 soeurs alors qu'il n'avait que 5 ans, par son père qui l'a ramené en Afrique pour l'élever seul.
Le mari de Fanta est du genre jaloux. Il est parti ce matin au travail avec une seule idée en tête : sa femme va le tromper avec son patron comme cela est déjà arrivé il y a quelques années. Le mari de Fanta vend des cuisines, mais il n'est pas très bon dans sa partie. Petit à petit, on apprend qu'il a été professeur en Afrique, et qu ec'est à Dakar qu'il a rencontré sa femme, alors professeur elle aussi. Mais un jour, une affaire de bagare avec ses élèves a contraint le mari à revenir en France.
Khady Demba est veuve, sans enfant. Sa belle-famille ne désirant plus subvenir à ses besoins, ils la font partir pour émigrer en Europe. Mais Khady est un peu perdue et très vite à court d'argent pendant le long périple de l'immigration. Elle rencontre en chemin un jeune homme qui la prend d'abord sous son aile.
Mon avis :
presque 3 nouvelles ayant pour thème des femmes africaines.
La seconde m'a profondément ennuyée : la jalousie du mari est pénible à lire, car le personnage est enfermé dans son cauchemard.
La troisième histoire de femme est quant à elle plus radicale dans sa démonstration.
La première, une fois que l'on rentre dans le style de la narration, est la plus intéressante.
Au final, j'ai aimé me laisser porter par la prose de l'auteure, qui fait actuellement polémique.
Je ne dirai pas que c'est un des meilleurs Prix Goncourt que j'ai lu, mais cela reste pour moi un livre au sujet intéressant et bien écrit (ce qui n'est déjà pas si mal).
Je remercie
pour son sponsoring sur ce livre :
Marie NDIAYE "Trois femmes puissantes".
Pour une fois que je reçois des livres gratuitement, ce n'est pas si souvent...
jeudi 12 novembre 2009
Je m'en vais - Jean ECHENOZ
Les Editions de Minuit, 1999, 252 pages
Prix Goncourt 1999
Félix Ferrer, séducteur quinquagénaire au système cardiaque peu brillant et propriétaire d'une galerie d'art moderne sur le déclin, s'en va. Il quitte sa femme pour en rejoindre une autre.
Il abandonne Paris six mois plus tard et embarque à bord d'un bateau pour une expédition dans le Grand Nord canadien, à la recherche d'objets d'art inuit, enfouis dans une épave échouée sur la banquise. En effet, sur les conseils en investissement de son informateur et assistant Delahaye, Ferrer se décide à aborder l'art ethnique, plus à la mode que la peinture moderne.
Il rentre à Paris avec son trésor inuit qui vaut une petite fortune. Quelques jours après son retour, les antiquités disparaissent mystérieusement...
Ferrer, de nouveau victime d'alertes cardiaques, se réveille un jour à l'hôpital. Son regard se pose sur une belle jeune femme. Cette fois-ci, de façon surprenante, elle ne l'attire pas...
Mon avis :
pourquoi lire le Prix Goncourt 1999 maintenant ? Mon mari et moi avions offert à Noël 99 ce livre aux grands-parents de mon chéri. Et puis ceux-ci sont décédés cette année à peu de mois d'écart. La succession se règle et les nombreux livres qu'ils possédaient sont partagés entre les enfants. Sur 2 livres, les grands-parents avaient écrits nos prénoms, pour se rappeler qui leur avaient offert. Et ces livres nous sont revenus (l'autre est un Amélie Nothomb que j'avais déjà lu).
Un livre sur la crise de la cinquantaine et celle de l'art contemporain, par la même occasion.
La vie d'un homme qui a perdu ses repères et qui cherche de la nouveauté partout.
Un bon Prix Goncourt qui se lit bien et rapidement. Interessant, sans plus.
mercredi 11 novembre 2009
Tag d'automne
Merci Angelica pour ce tag de saison...
Il s'agit de dire quelles sont les 7 choses qui rythment mon automne.
1/ Comme chaque automne, c'est pour cela que j'aime bien cette saison : mon anniversaire (et accessoirement celui de ma soeur)
2/ La préparation de Noël. Je ne fais que commencer à y penser, mais cela me met déjà dans l'ambiance.
3/ Le jardin qui commence son hibernation, presque plus rien à faire, si ce n'est regarder le gel sur les graminés.
4/ Rester au chaud sous la couette le dimanche matin avec un bon livre.
5/ Ressortir les vêtements d'hiver, les pulls, les écharpes, les manteaux.
6/ Reprendre le yoga et me dérouiller de l'été, m'étirer, respirer en conscience.
7/ Refaire des feux de cheminée...
Avant l'hiver, laquelle de vous reprendra ce tag ?
mardi 10 novembre 2009
Sans nouvelles de Gurb - Eduardo MENDOZA
Points, 2006, 125 pages
Deux extra-terrestres atterrissent sur Terre. Gurb part à la découverte de la population et de la planète. Mais le temps passe et son chef est sans nouvelles de Gurb.
Il décide alors à son tour de prendre forme humaine et de partir à la recheche de Gurb. Il prend donc les caractéristiques de grands personnages historiques et marche dans les rues de Barcelone. Quelques mésaventures lui arrivent : il ne pense pas à respirer et meurt ; il se fait renverser par plusieurs véhicules ; il ne trouve pas de logements ; se fait arrêter par la police ; mais finit par tomber amoureux...
Mon avis :
les conseils de lecture du libraire ne sont pas forcément tous à suivre les yeux fermés. Celui-ci était annoncé comme "désopillant". J'attends encore de savoir en quoi.
Et en plus, cela ne fait pas avancer le schmilblick.
Une lecture rapide pour un trajet en avion vers Barcelone, ou pour en revenir.
L'avis très différent de Leiloona.
dimanche 8 novembre 2009
Dimanche poétique # 1
Il ya un début à tout...
Sur une idée de Celsmoon.
(...)
Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,
Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,
Et, sans daigner savoir comment il a péri,
Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.
J’ai reposé mon front sur mon fusil sans poudre,
Me prenant à penser, et n’ai pu me résoudre
A poursuivre sa Louve et ses fils qui, tous trois,
Avaient voulu l’attendre, et, comme je le crois,
Sans ses deux louveteaux, la belle et sombre veuve
Ne l’eut pas laissé seul subir la grande épreuve ;
Mais son devoir était de les sauver, afin
De pouvoir leur apprendre à bien souffrir la faim,
A ne jamais entrer dans le pacte des villes,
Que l’homme a fait avec les animaux serviles
Qui chassent devant lui, pour avoir le coucher,
Les premiers possesseurs du bois et du rocher.
Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d’Hommes,
Que j’ai honte de nous , débiles que nous sommes !
Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
C’est vous qui le savez sublimes animaux.
A voir ce que l’on fut sur terre et ce qu’on laisse,
Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse.
(...)
La mort du loup
Alfred de VIGNY









