Mot-à-mots

J'ai commencé ma vie comme je la finirai... Au milieu des livres (Jean-Paul SARTRE)

Depuis le temps de vos pères - Dan WADDELL

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Rouergue, 31 décembre 2011, 304 pages

Résumé de l'éditeur :

Tout juste remis d'une enquête qui a manqué lui coûter la vie, l'inspecteur Grant Foster réintègre la Criminelle de Londres lorsque Katie Drake, actrice de théâtre sur le déclin, est retrouvée morte dans le jardin de sa propriété londonienne. Sa fille de quatorze ans, Naomi, est introuvable. Mais dificile de progresser quand la victime semble avir coupé tous les liens avec son passé.

Une seule piste : un cheveu retrouvé sur le corps. Lorsque les résultats des analyses ADN révèlent qu'il appartient à un parent de Katie Drake, Foster décide de faire appel au généalogiste Nigel Barnes pour tenter de retracer l'histoire familiale de la défunte. Barnes parvient à retrouver certains parents éloignés en remontant jusqu'en 1981, mais il semble impossible de pousser plus loin les recherches. Pourtant, il faut briser rapidement la malédiction qui frappe cette lignée. Des vies sont en jeu.

L'Eglise des mormons est manifestement liée à l'affaire et entend protéger ses secrets de famille. A Salt Lake City, les enquêteurs plongent au coeur des archives colossales de la communauté pour découvrir une congrégation aux pratiques redoutables et comprendre pourquoi le dogme "jusqu'à ce que la mort nous sépare" n'existe pas pour ses disciples. Ils ne font qu'obéir aux Commandements. Aussi sanglants soient-ils.

Mon avis :

Après la nouveauté de l'enquête du généalogiste "Code 1879", l'auteur a su retrouvé ses personnages et leur lancer un nouveau défi tout aussi intéressant.

J'ai aimé me promener en Utah, au milieu du désert et des communautés mormones fermées sur elle-même. Un grand bol d'air après les cadavres londonniens.

Si l'enquête est attractive, les personnages principaux ne sont pas en reste, ce qui donne une certaine profondeur au roman.

Quant aux personnages secondaires, ils ne sont pas ce qu'ils parraissent être.

L'aspect "secte" des mormons m'a en revanche peu convaincu.

J'ai donc passé un bon moment à la lecture de ce roman.

L'image que je retiendrai :

Celle des étés torrides et sans fin des plaines de l'Utah.

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En même temps toute la terre et tout le ciel - Ruth OZEKI

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Belfond, 22 août 2013, 500 pages

Résumé de l'éditeur :

Écrivain privée d'inspiration, Ruth découvre sur une plage un sac abandonné. Sans doute un des multiples restes du tsunami de 2011, qui s'échouent régulièrement sur les plages canadiennes.
Mais ce sac cache bien des secrets : à l'intérieur, un bento Hello Kitty qui renferme un journal intime, reprenant la couverture originale de À la recherche du temps perdu, mais aussi un vieux carnet et quelques lettres illisibles.
Piquée par la curiosité, Ruth entreprend de résoudre l'énigme et de traduire le journal. Elle découvre l'histoire de Nao Yasutani, adolescente japonaise de seize ans.
Dans l'univers feutré de leur maison canadienne, Ruth et son mari, Oliver plongent dans l'intimité d'une jeune fille déracinée qui, après une enfance passée dans la Silicon Valley, a dû regagner Tokyo, sa ville natale, terre inconnue dont elle ne maîtrise pas les codes.
Un retour brutal, le début du calvaire pour Nao : humiliée par ses camarades, la jeune fille se réfugie un temps chez son arrière-grand-mère, Jiko, fascinante nonne zen de 104 ans, ancienne anarchiste féministe, qui vit dans un temple près de Fukushima. Là, Nao apprend à être attentive à l'instant présent, à écouter les fantômes. Celui de son grand-oncle, Haruki Ier.
Nao va mieux, jusqu'à ce jour tragique à l'école. Privée de tout lien avec ses parents, la jeune fille dérive de nouveau. Au risque de se perdre complètement…

À des milliers de kilomètres, Ruth n'a qu'une obsession : sauver Nao. Mais comment la retrouver ? De quand date ce journal ? Ce peut-il que la jeune fille ait disparu, emportée par le tsunami ?

Mon avis :

Je ne peux pas dire que j'ai été emportée par cette lecture. Car, si la première moitié m'a paru prometteuse, j'ai trouvé que l'auteure avait du mal avec la seconde moitié de son roman.

Tout y devient très sombre, très déprimant, sans issue.

Alors certes, le rêve a "quelque chose de Murakami" mais transformer ainsi la fin en happy end m'a paru trop joli et peu crédible.

Cependant, j'ai beaucoup aimé l'épisode dans lequel Nao est dans le temple avec sa grand-mère et s'exerce au zazen. Un moment plein de douceur et de calme.

Le nom de Nao est également très original et sujet à bien des réflexions.

Une lecture en demi-teinte.

L'image que je retiendrai :

Celle du petit appartement à Tokyo dans lequel père et fille se croisent et tentent de se comprendre.

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Apnée noire - Claire FAVAN

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Editions Toucan, 15 janvier 2014, 352 pages

Résumé de l'éditeur :

"Vêtue d'un pyjama en satin écru, la jeune femme repose dans une baignoire remplie, en position de foetus inversé. Ses mains et ses chevilles sont étroitement liées derrière son dos et elle flotte encore avec un soupçon de grâce".

A Columbia, sur la côte est des Etats-Unis, c'est la scène macabre que découvre le lieutenant Sandino. Officier intègre, c'est aussi un homme brisé depuis la disparition de sa famille. Pour mener cette enquête, il doit collaborer avec Megan Halliwell, l'agent du FBI qui a permis l'année précédente l'arrestation de Vernon Chester, un tueur psychopathe qui vient d'être exécuté. Très vite pourtant, il apparaît que ce dernier meurtre présente des ressemblances troublantes avec les crimes commis par Chester. Comment est-ce possible ?

Tandis que Megan n'ose imaginer le pire, une erreur judiciaire, Sandino se concentre sur certaines incohérences. De discordes en silences la relation des deux policiers évolue, alors que chaque jour le tueur semble se rapprocher d'eux, omniprésent et insaisissable...

Mon avis :

Il y a très longtemps, j'ai lu de cette auteure "Le tueur intime". J'en garde un bon souvenir, pour un premier roman. Claire Favan est est maintenant à son troisième, il était temps que je renoue avec cette auteure.

Je n'ai pas été déçue : l'histoire est menée tambour battant, les personnages sont profonds et intéressants, le suspens est soutenue et nous allons de fausses pistes en rebondissements.

Bref, l'auteure nous mène par le bout du nez, et bizarrement, j'aime ça.

Pourtant, j'ai eu un peu de mal, dans les premières pages, avec un style un peu haché. Et puis l'auteure prend son souffle et je me suis littéralement fait embarquer.

Il me reste maintenant à lire son second opus.

L'image que je retiendrai :

Celle de la cordelette bleue, le détail de trop.

 

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En finir avec Eddy Bellegueule - Edouard LOUIS

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Seuil, 3 janvier 2014, 219 pages

Résumé de l'éditeur :

Je suis parti en courant, tout à coup. Juste le temps d'entendre ma mère dire Qu'est-ce qui fait le débile là ? Je ne voulais pas rester à leur côté, je refusais de partager ce moment avec eux. J'étais déjà loin, je n'appartenais plus à leur monde désormais, la lettre le disait. Je suis allé dans les champs et j'ai marché une bonne partie de la nuit, la fraîcheur du Nord, les chemins de terre, l'odeur de colza, très forte à ce moment de l'année. Toute la nuit fut consacrée à l'élaboration de ma nouvelle vie loin d'ici". En vérité, l'insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n'a été que seconde. Car avant de m'insurger contre le monde de mon enfance, c'est le monde de mon enfance qui s'est insurgé contre moi. Très vite j'ai été pour ma famille et les autres une source de honte, et même de dégoût. Je n'ai pas eu d'autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre.

Mon avis :

Ça y est, je le lis enfin le roman qui a fait polémique à sa sortie en janvier de cette année.

Pour moi qui travaille dans un tel milieu, rien de bien nouveau sous le soleil. Juste une peinture juste d'un certain milieu social.

Ce qui m'a en revanche intéressé, c'est ce besoin des hommes de paraître des hommes selon un certain stéréotype. On "casse du pédé" pour mieux oublier que parfois, le corps masculin attire, aussi.

J'ai trouvé en revanche l'auteur un peu léger, sur la fin, à propos des différences de comportement dans les différentes classes sociales. Il ne fait qu'esquisser le sujet. Dommage.

La dernière phrase m'a également laissée dans le doute. Le narrateur arrive-t-il vraiment à rire de sa différence ?

L'image que je retiendrai :

Celle de la maison au carreau de la chambre casse, chambre sans Moquette  ni tapisserie.

La question que je me pose :

L'auteur n'est pas d'un milieu aisé, et parvient pourtant à intégrer une Grande École grâce au lycée dans lequel il entre, et qui lui permettra d'avoir accès à la culture classique. Au collège, il souffre de harcèlement. Ma question : à quoi sert le collège ?

 

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Les impliqués - Zygmunt MILOSZEWSKI

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Mirobole Editions, 3 octobre 2013, 441 pages

Résumé de l'éditeur :

Un dimanche matin, au milieu d'une session de thérapie collective organisée dans un ancien monastère de Varsovie, l'un des participants est retrouvé mort, une broche à rôtir plantée dans l'oeil. L'affaire est prise en main par le procureur Teodore Szacki.

Las de la routine bureaucratique et de son mariage sans relief, Szacki ne sait même plus si son quotidien l'épuise ou l'ennuie. Il veut du changement, et cette affaire dépassera ses espérances.

Cette méthode de la constellation familiale, par exemple, une psychothérapie peu conventionnelle basée sur les mises en scène... Son pouvoir semble effrayant. L'un des participants à cette session se serait-il laissé absorber par son rôle au point de commettre un meurtre ? Ou faut-il chercher plus loin, avant même la chute du communisme ?

Mon avis :

Un roman policier qui mèle enquête et psychologie en Pologne, plutôt inédit.

Alors bien sûr, j'ai eu du mal avec les noms polonais (mais comme avec les noms islandais, ça va venir à force de pratique). Passé ce "problème technique", j'ai passé un agréable moment de lecture.

La thérapie de la constellation familiale décrite dans le roman est très intéressante et prometteuse.

Le coupable pas facile à trouver et de nombreuses fausses pistes sont données.

La vie du procureur Szacki pleine de surprises et de rebondissements. 

Bref, j'en redemande !

L'image que je retiendrai :

Celle de la femme du procureur en chemise de nuit ultra-usée. Pas très sexy.....

 

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Les faibles et les forts - Judith PERRIGNON

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Stock, 21 août 2013, 160 pages

Résumé de l'éditeur :

« Il a l’air d’un roi, le fleuve. Il est là depuis toujours, rouge à force de creuser l’argile, rivière Rouge, c’est son nom. La nuit, il brille. Le jour, il est plat comme le verre et ne reflète que le ciel, les nuages et les arbres. Il semble ne pas nous voir. Nous sommes une quinzaine, nous venons ici presque chaque jour depuis deux semaines tant la chaleur semble vouloir nous punir, mais il passe, indifférent à nos enfants qui s’élancent, à leurs mères qui disent, Attention au courant, et aux vieilles, comme moi, qui se retranchent à l’ombre sur leurs sièges pliants. Rien ne trouble le fleuve. Il connaît son sort, il descend l’Amérique et s’en va se noyer dans le Mississippi puis dans la mer. Il est tout petit là-bas dans la mer, mais si grand devant nous. J’ai peur de lui. J’ai l’impression qu’il rit, qu’il rit du pont un peu plus loin qui rouille en ayant cru l’enjamber, qu’il rit de nous aussi, de nos mains et nos pieds incapables de nager, de nos sueurs froides quand passe la police, j’ai l’impression que nous sommes comme les feuilles mortes qui dans quelques mois se détacheront des arbres, poussières dans l’eau. »

Mon avis :

Cela commence par un roman à plusieurs voix un jour où la police investi la maison à la recherche de drogue (qu'elle ne trouve pas). La grand-mère, le fils aîné accusé, la mère, la cadette, chacun raconte l'évenement.

Puis le récit se déplace en 1949 pour relater un incident à caractère raciste typique de ces années-là dans le Sud des Etats-Unis.

Enfin, nous assistons au dénouement de la fameuse journée, tragique, forcément tragique.

Tout s'explique et tout prend forme autour de cet été 1949.

Pourtant, le titre m'a paru un peu pompeux par rapport au contenu du récit.

Un point de vue intéressant sur un injustice qui perdure.

L'image que je retiendrai :

Celle des tresses de Deborah qui se fait belle pour Jason, avec des perles blanches au bout.

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