mardi 27 octobre 2009
La dame noir - Stephen CARTER
Robert Laffont, 23 avril 2009, 656 pages
Julia Carlyle et son mari rentrent chez eux par un soir d'hiver et découvre un cadavre sur le bord du chemin, celui de Kellen Zant. Une enquête officielle est ouverte qui concluera à un vol avec meurtre.
Mais Kellen est l'ancien amant de Julia, et divers indices lui font penser que Kellen est venu chez elle dans la soirée avant d'être assassiné, et qu'il l'a été pour d'autres motifs que le simple vol d'argent. De plus, Kellen lui a laissé différents indices un peu partout, dont le premier, le jour de son enterrement : un miroir.
Tout ceci intrigue Julia, d'autant plus que sa fille Vanessa à l'air d'en savoir plus qu'elle n'en dit à propos de la mort de Gina Joule survenue il y a plus de 30 ans, et qui aurait un lien avec le décès de Kellen Zant.
J'ai oublié de dire que l'histoire se passe en Nouvelle-Angleterre et que tous les personnages principaux sont noirs et ont des postes haut-placés, ce qui est rare dans cet état des Etats-Unis. Et la "dame noire" n'est pas forcément celle à laquelle on pense...
Mon avis :
Attention, c'est du lourd ! (ce qui est parfois un peu pénible pour lire le livre, quand il ets trop lourd...)
Réservé à la BM, quand je suis allée le chercher, je me suis dit "Mon Dieu, comment vas-tu faire pour lire ce pavé en 15 jours ?!"
Heureusement (enfin, si on veut), bronchite aidant, je me suis retrouvée cloîtrée à la maison sans enfants, et j'ai pu me jetter dans la bataille.
2 jours pour le lire : trop passionnant, trop bien écrit, il tient en haleine jusqu'au bout, même si on soupçonne un peu le coupable ; des histoires emmêlées mais dont on ne perd jamais le fil ; des énigmes en veux-tu en voilà ; une peinture du monde universitaire et de la upper-class noire américaine qui tente de faire le jeu des Caucasiens.
Pas trop d'hémoglobine mais du suspens à foison.
Un coup de coeur que j'ai dévoré !
Bravo M. Stephen Carter, je vais de ce pas chercher votre premier roman "Echec et mat"... pour les vacances de noël.
Merci Mango pour qui s'est aussi un coup de coeur, EmiLie avec son avis "plus que positif sur ce roman" et Ma-tasse-de-thé pour son avis enthousiaste. Vous m'avez donné envie de lire ce gros livre (je crois que j'aurai reculé sinon) !
lundi 26 octobre 2009
Un roman français - Frédéric BEIGBEDER
Grasset, 19 août 2009, 281 pages
Prix Renaudot 2009
Où l'auteur, une nuit comme les autres, se retrouve arrêté par la maréchaussée pour avoir sniffé de la coke sur un capot de voiture, et du fond de sa cellule de dégrisement se rappelle son enfance au Pays-Basque et à Paris.
Mon avis :
Une "recherche sur l'enfance" intéressante, sa théorie est intéressante aussi : "C'est l'histoire d'un pays qui a réussi à perdre deux guerres en faisant croire qu'il les avait gagnées, et ensuite à perdre son empire colonial en faisant comme si cela ne changeait rien à son importance. C'est l'histoire d'une humanité nouvelle, ou comment des catholiques monarchistes sont devenus des capitalistes mondialisés."
Mais pourquoi faut-il que cet auteur site toujours des écrivains, comme pour se justifier, comme si lui-même n'arrivait pas à faire aussi bien que les "belles phrases" de ses prédécesseurs. Complexe d'infériorité ?...
Toutefois, ce ne sera pas pour moi un livre inoubliable.
samedi 24 octobre 2009
D'autres vies que la mienne - Emmanuel CARRERE
P.O.L., 5 mars 2009, 309 pages
L'auteur passe ses vacances en Indonésie, l'hiver du Tsunami. Le jour de "la vague", son amie Hélène et leurs enfants sont restés à l'hôtel sur les hauteurs de la ville, ils ne sont donc pas touchés par le raz-de-marée. Mais des amis à eux perdent leur petite fille.
De retour en France, Hélène apprend que sa soeur a de nouveau un cancer dont elle ne guérira pas. L'écrivain découvre donc cette petite ville de province où la soeur d'Hélène était juge, Vienne en Isère (c'est chez moi...). Mariée, trois enfants (3 filles dont la dernière a 15 mois), elle s'était liée d'amitié avec un autre juge du tribunal d'instance de Vienne où tout deux luttaient pour le droit des consommateurs contre les emprunts abusifs.
Mon avis :
après le décès de Juliette, Emmanuel Carrère se rend à Vienne et Lyon pour recueillir les témoignages de ceux qui ont partagés la vie et les combats de Juliette.
Un vibrant hommage à la vie et à l'amour, même si le livre s'ouvre sur un drame et continue dans la même tonalité.
Et une note positive pour la Communauté Européenne qui a parfois de bons décrets.
Merci à Mango, Sylire, Stéphie de m'avoir donnée envie de lire ce très beau récit de vies.
Petit bémol : le titre n'est tout de même pas terrible, et même un peu trop égoïste, je trouve...
mercredi 21 octobre 2009
Et que le vaste monde poursuive sa course folle - Colum McCANN
Belfond, 13 août 2009, 435 pages
7 août 1974. Sur un câble tendu entre les Twin Towers s'élance un funambule. Un événement extraordinaire dans la vie de personnes ordinaires.
Corrigan, un prêtre venu d'Irlande, vient en aide aux prostituées, et aux personnes âgées du Bronx. Son frère le rejoint, après le décès de leur mère et découvre Corrigan dans un appartement toujours ouvert aux quatres vents. Sa mission : aider les prostituées du mieux qu'il peut, quitte à aller les défendre en plein tribunal. Ce 7 août, en allant chercher Jazzline au fond de sa prison, il a avec elle un accident de voiture.
Ce même jour, dans un luxueux appartement de Park Avenue, des mères de soldats disparus au Vietnam se réunissent pour partager leur douleur et découvrent qu'il y a entre elles des barrières que la mort même ne peut surmonter.
Mon avis :
le personnage du prêtre est trop nihiliste pour être crédible, je trouve. Ce qui fait que j'ai eu un peu de mal à adhérer à ce premier personnage. En revanche, les autres sont plus convaincants, et décrit avec beaucoup de finesse.
Au final, j'ai bien aimé ce roman qui dépeint une Amérique 1970 pas si loin de celle de 2009.
dimanche 18 octobre 2009
Balzac et la petite tailleuse chinoise - Dai SIJIE
Gallimard, 2002, 432 pages
Dans la Chine de Mao, savoir lire, c'est déjà faire partie des intellectuels. Et on ne badine pas avec les intellectuels : on les envoie se rééduquer dans les campagnes, travailler dans des rizières ou dans des mines.
C'est ce qui est arrivé au narrateur et à son ami Luo, si jeunes et déjà marqués du sceau infamant d'"ennemis du peuple". Pour ne pas sombrer, ils ont heureusement encore quelques histoires, quelques films à se raconter, mais cela fait bien peu. Jusqu'à ce que, par miracle, ils tombent sur un roman de Balzac : petit livre à lire en cachette, tellement dangereux, mais tellement magique, qui changera le cours de leur vie en leur ouvrant la porte de la fille du tailleur.
Mon avis :
Voici une époque que je connaissais bien peu : celle des camps de rééducation chinois.
Ah, quand la littérature française ouvre la porte de l'Amour...
Merci Stéphie pour ce livre offert dans le cadre du "Swap Book Inside".
samedi 17 octobre 2009
Anaisthêsia - Antoine CHAINAS
Gallimard, Série noire, 2 avril 2009, 308 pages
Désiré Saint-Pierre habite le quartier noir de La Main. Il est, de plus, le seul policier noir de la ville, ce qui lui vaut la rancoeur de ses collègues et des habitants de son quartier.
Mais Désiré est indifférent à la douleur depuis son accident de voiture. Il n'éprouve plus ni douleur physique ni sentiments. Lorsqu'il réintègre sa brigade, celle-ci est en passe de découvrir qui est "la tueuse à la bague". Désiré servira de cobaye pour la faire sortir de sa cachette.
Mais Saint-Pierre est aussi un personnage complexe dont la mère est une prêtresse vaudou et dont la petite amie est une junkie.
Mon avis :
Que dire de ce livre ? Il est d'abord destiné aux étudiants en médecine car très pointue au niveau du vocabulaire médical (un peu trop pour la néophyte que je suis).
Ensuite, j'ai eu du mal à le terminé, je n'ai pas adhérée une minute à cette histoire qui se passe de nos jours, mais dans une espèce d'univers parallèle au notre.
Enfin, comme dirait ma grand-mère "ça se termine en queue de poisson".
mercredi 14 octobre 2009
186 marches vers les nuages - Joseph BIALOT
Métailié noir, 5 mars 2009, 171 pages
Bert Waldeck a passé onze années dans des camps nazis au titre de Schutzhaftling, détenu de sécurité enfermé sans jugement. Il a survécu au naufrage des bateaux- cages, bourrés de déportés, coulés par les Anglais, début mai 1945.
Il retrouve Berlin, sa ville natale, une ville en ruine où rien ne reste debout et où russe et américain s'affrontent. Un officier américain le recrute pour l'aider à retrouver un certain Hans Steiner, capitaine SS recherché comme criminel de guerre qui a été son ami d'enfance et qui l'a plusieurs fois pris sous son aile dans les camps.
Au cours de cette recherche, Bert va se rendre compte que les américains ne recherchent pas Hans pour le faire comparaître en tant que criminel de guerre nazi, mais pour bien autre chose.
Mon avis :
Le récit décrit très bien la ville en ruine après la guerre, la misère de la population berlinoise, pour une part encore fanatisée.
Rien de bien neuf sous le soleil où russes et américains s'affrontent pour récupérer les savants nazis.
Un épisode de l'histoire de la guerre pourtant oublié est relaté ici : celui des bateaux-prisons de la fin de la guerre.
lundi 12 octobre 2009
La condition - Jennifer HAIGH
Michel Lafon, 26 février 2009, 416 pages
Où l'on suit la famille de Frank et Paulette depuis l'été 1976 sur la plage à Cap Cod dans la maison familiale jusqu'à leur retour 20 ans plus tard sur cette même plage (entre-temps, la fortune familale a été dilapidée).
Cet été 1976, Paulette puis Frank se rendent compte que leur fille Gwen est encore petite pour ses 13 ans. Puis le diagnostique se pose : Gwen ne grandira plus. Les parents se déchirent et se séparent. Frank travaille d'arrache pied dans son labo de recherches sur le cancer ; Paulette se retrouve donc seule dans la grande maison familiale qui prend l'eau ; Billy, le fils aîné est un brillant médecin partit vivre à New York mais incapable de parler de son homosexualité à ses parents ; Scott est revenu marié - 2 enfants de Californie, avec un fils avec des difficultés de comportements.
Gwen, elle, a trouvé un job de paléontologue dans un musée. Un jour, une de ses collègues lui propose de prendre sa place dans un voyage à destination de Saint Raphaël pour y faire de la plongée. Gwen tombe amoureuse du maître plongeur, ce qui effraye sa mère.
Mon avis :
une belle saga familiale pleine de non-dits, de rancoeurs, mais aussi de très justes descriptions de la famille, toutes en finesses.
J'avais peur de m'ennuyer en prenant ce livre, j'ai finalement dévoré chaque page de cette histoire familiale américaine qui ressemble à tant d'autres.
samedi 10 octobre 2009
La grand-mère de Jade - Frédérique DEGHELT
Actes Sud, 5 janvier 2009, 391 pages
La grand-mère de Jade vient d'avoir un malaise dans sa maison de Haute-Savoie. Veuve, ses filles décide de la placer en "maison de repos", mais sa petite fille Jade n'est pas d'accord. Elle fait donc la route de puis Paris et "enlève" sa grand-mère sans en parler à ses tantes.
Mamoune s'installe sans l'appartement de sa petite fille que Julien à été contraint d'abandonner après 3 ans de vie commune. La vie s'organise, chacune se faisant du soucis quand l'autre rentre tard.
Au fil des discussions, Jade découvre une grand-mère insoupçonnée, insatiable lectrice cachée, car à la montagne, au début du siècle, ce n'était pas bien vu de "perdre son temps à lire". Alors Mamoune cachait ses livres dans la couverture de sa Bible...
Jade aussi se confie : elle a écrit un livre, refusé par de nombreux éditeurs. Mamoune lui propose son aide, elle la férue de lectures, forte de son expérience.
Puis Jade rencontre par hasard Rajiv dans un métro, un jeune suédois aux origines indiennes qui a délaissé son piano pour se consacrer à la recherche médicale. Mamoune aussi, grâce aux mails, se découvre encore le coeur à aimer...
Mon avis :
Un début un peu osé : qui enlèverai sa grand-mère de 80 ans de ses montagnes pour l'emmener en plein Paris ?
Puis la narration prend, et je me suis laissée guider dans cette histoire inter-générationnelle parfois touchante (Mamoune est souvent dépassée par la technique mais ne baisse jamais les bras).
Un très beau roman à la fin inattendue.
Merci Leiloona et Théoma de m'avoir donné en vie de lire ce très beau récit de vies.
jeudi 8 octobre 2009
Fin des challenges
Toutes les bonnes choses ayant une fin,
et sachant que "l'on n'est jamais mieux servit que par soi-même";
je me vois dans l'obligation de me congratuler pour avoir (enfin) terminé les 2 challenges de cette année.
Le premier intitulé Littérature policière sur les 5 continents,
et lancé par Catherine :
Il s'agit de lire 5 romans policiers dont les intrigues se passent chacune sur un continent :
l'Asie
Tran-Nut "La poudre noire de Maître Hou" (lu, rapport ici)
l'Europe
Arnaldur Indridason "Hiver Arctique" (lu, rapport ici)
l'Amérique
Harlan Coben "Innocent" (lu, rapport ici)
l'Océanie
Arthur Upfield "Les vieux garçons de Broken Hill" (lu, rapport ici)
l'Afrique
Déon MEYER "Jusqu'au dernier" (lu, rapport ici)
Le second du Blog-o-trésor :
Voici ma sélection de livres que je voulais lire depuis des années et qui sont, heureusement, proposés :
La nébuleuse du crabe de Eric Chevillard (lu, billet ici)
Le monde selon Garp de John Irving (lu, billet ici)
Rebecca de Daphné Du Maurier (lu, billet ici)
La promesse de l'aube de Romain Gary (lu, billet ici)
Fini pour cette année, avec des bonnes lectures, et d'autres moins intéressantes...
Mais deux challenges agréables.
L'année prochaine pour d'autres défis ... peut-être !

























