Mot-à-mots

"J'ai commencé ma vie comme je la finirai... Au milieu des livres" (Jean-Paul SARTRE)

mardi 1 décembre 2009

Manhattan - Anne REVAH

manhattan

Arléa, 7 mai 2009, 89 pages

La narratrice apprend qu'elle a une maladie dégénérative nerveuse, qui va entraîner peu à peu sa paralysie. Après l'annonce du résultat, elle rentre chez elle, fait son sac, embarque le chien et part à l'hôtel passer la nuit.

Le lendemain, elle se rend à l'aéroport mais ne peut prendre son vol pour Madras et laisse le chien. Elle retourne à Paris et loue une chambre pour écrire.

Ayant laissée mari et enfant, elle écrit à sa mère à Mellian, petite ville bourgeoise sur les bords d'un lac. Elle écrit à sa mère la déchirure de son enfance, ce qui s'est passé avec la voisine l'Allemande quand elle était enfant et que sa mère, femme au foyer bourgeoise s'ennuyant trop, n'a pas voulu ou su voir.

Mon avis :

Un petit livre très fort sur la construction de son être social sur une part de son enfance dont on a fait le vide. Le personnage principal veut oublier cet épisode dégradant de son enfance et va se créer un personnage social, celui que tout le monde attend d'elle : mariée - trois enfants - journaliste politique. La façade est belle mais la narratrice ne ressent que du vide.

La vie d'adulte n'a pas pu combler la blessure de l'enfance, cette blessure qui se rouvre quand la vie si bien huilée offre une aspérité.

Pas facile d'écrire sur ce sujet, et pourtant l'auteur, par la fluidité des mots parvient à nous faire rentrer dans cet univers en creux.

Je remercie l'auteure de m'avoir si gentillement fait parvenir son ouvrage et m'avoir fait confiance. Je n'ai pas été déçue par ma lecture.

Posté par wakinasimba à 12:40 - Auteurs en R - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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