mercredi 31 mars 2010
La mer noire - Kéthévane DAVRICHEWY
Sabine Wespieser Editeur, 5 janvier 2010, 214 pages
En ce jour d'anniversaire, la première pensée de Tamouna est pour Tamaz. Cet homme, qu'elle a rencontré l'été de ses quinze ans à Batoumi (Georgie) et qu'au fil des années elle n'a cessé d'attendre, s'est annoncé à la fête qui se prépare.
Dans un demi-sommeil, la vieille dame se souvient de leurs amours timides et éblouies, très vite interrompues par le départ précipité de la famille, contrainte de fuir devant les bolcheviques. Tout aussi brutalement que de ses grands-parents et de son univers, la jeune fille a été coupée de son amour de jeunesse. Sa vie peu à peu s'est construite à Paris, parmi la communauté des exilés géorgiens.
Quand Tamaz finit par reparaître, alors que les frontières du pays natal sont hermétiquement closes, leurs vies se sont dessinées autrement...
La longue journée pendant laquelle se déroule le roman est comme une métaphore de la vie de Tamouna : entourée des siens, de cette famille géorgienne qui a su garder vivaces les traditions et perpétuer un bonheur de vivre qui aurait dû être immuable, elle laisse libre cours à ses souvenirs.
Mon avis :
Une journée dans la vie de Tamouna avec ses joies, ses peines, ses actes-manqués.
Pour nous lecteur, une ballade dans la Georgie du souvenir que personne autour de Tamouna ne veut effacer pour ne pas déflorer un pays qui n'existe plus.
La description d'une communauté d'immigrants très soudée, avec la question soulevée de l'immigration de nos jours qui vient faire écho à la propre immigration georgienne des années 1900.
Mais la Georgie rêvée de l'enfant ne correspond plus à la Georgie d'aujourd'hui (quand l'actualité vient coudoyer la fiction).
Une histoire d'amour aussi, toujours aussi forte au fil des ans.
L'image que je retiendrai :
celle d'une vieille femme dans son fauteuil avec son respirateur qui revit son enfance sous le soleil de Georgie.
Merci Flo pour ce livre-voyageur
qui vient de chez Kathel et s'en va rejoindre Souslesmots.
mardi 30 mars 2010
Un tag des mots
Dimanche, c'est Saphoo qui m'a proposé un joli Tag très intéressant à partir d'une photo :
Ce Tag consiste à trouver un mot de son choix et pour chacune des lettres, retrouver un autre mot et le nom d'un auteur qui nous a marqué.
Voici ma proposition :
Aventure : Michel TOURNIER pour "Vendredi ou les limbes ud Pacifique"
Musique : DIDEROT pour "Le neveu de Rameau"
hOrreur : Maxime CHATTAM pour ses deux premières trilogies qui m'ont fait frissonées
hUmour : Barbara CONSTANTINE pour "Allumer le chat", le dernier roman drôle que j'ai lu
Rebondissements : Jan POTOCKI pour "manuscrit trouvé à Saragosse", une lecture de fac dont je me souvient encore.
Je suis sûre que Lystig et Astrid vont se faire une joie
de reprendre ce tag qui est ouvert à qui le veut bien.
lundi 29 mars 2010
Robe de marié - Pierre LEMAITRE
Calmann-Lévy, 7 janvier 2009, 270 pages
Sophie et Vincent sont deux trentenaires heureux vivant et travaillant à Paris avec de bonnes situations sociales. Mais petit à petit, Sophie perd la mémoire et égare des objets, sa voiture. Dans un premier temps, elle n'en parle pas à Vincent, mais bien vite, elle décide de se faire soigner.
Après un anniversaire raté chez sa belle-mère (Sophie a perdu le cadeau), elle et Vincent se dispute et dans la nuit, Sophie rêve qu'elle tue sa belle-mère en la poussant dans l'escalier. Le lendemain, la mère de Vincent est retrouvée morte.
Quelques mois plus tard, d'est Vincent qui est gravement accidenté sur la route en rentrant du travail. Dans un fauteuil, il ne peut se déplacer ni communiquer après son accident. Sophie est obligé de le placer en maison médicalisé, où il meurt, lui aussi poussé dans les escaliers.
La vie de Sophie bascule alors et elle se fait engager comme nurse. Mais Léo, l'enfant de 6 ans qu'elle est sensé garder, meurt dans la nuit, étranglé.
Elle décide de fuir et va de ville en ville, enchaînant les petits boulots. Une idée lui vient alors pour changer définitivement d'identité : se marier.
Mais si elle ment à son futur mari sur son identité, celui-ci n'est pas celui que l'on croit non plus.
Mon avis :
voilà un thriller des plus passionnant où l'auteur a su nous faire entrer dès les premières pages dans la folie de Sophie et son monde qui bascule.
Par l'auteur de "Travail soigné" prix du premier roman à Cognac en 2006.
J'ai hâte de lire son dernier roman paru.
L'image que je retiendrai :
La grande maison du père de Sophie où l'action se retourne.
dimanche 28 mars 2010
Dimanche poétique # 19
En ce dimanche des Rameaux,
un poème de... Jean RAMEAU :
Avec des ailes nuancées
Les libellules élancées
Comme des miss,
Danse le soir sur l'eau sans vague
Des ballets vagues
Sous les yeux glauques des fourmis.
Pour bien rythmer leurs jeux frivoles
Quelques cigales bénévoles
Pincent leur luth,
Et, sous un pied de betterave
Un crâpeau grave,
Fais le tennor et lance l'Ut.
Alors pour voir les ballerines,
Des coccinelles purpurines
Au clair manteau,
Grimpent avec des sauterelles
sur les joncs frêles,
Comme sur des mâtes de bateaux
Les libellules dansent, dansent
Et les feuilles qui se balancent Dans les zéphirs
Où l'air de mains applaudisseuses
Pour les danseuses
Au maillot bleu fait de saphir.
Et l'eau sourit vers le ciel rose
Et parfois une goujon morose
Qui s'égara,
Ouvre à ses visions célestes
De tutus lestes
Des yeux d'abonnés d'opéra.
Danse des Libellules
D'autres poèmes chez Celsmoon, Edelwe, Mango, Lepetitmouton, Abeille, Emmyne, Paradoxale, Chrestomanci, Mariel, Laurence, Ankya, Herisson08, Anjelica, Schneeweiss, George, Uhbnji, Fleur, Armande, Restling, Satya, Violette, Zik, Lystig, Amos, Esmeraldae, Bookworm, Emma, Julien, Marie, Yueyin, Soie, Hambre....
samedi 27 mars 2010
Rêve d'amour - Laurence TARDIEU
Stock, 2008, 158 pages
Alice Grangé recherche sa mère, morte alors qu'elle n'avait que 5 ans. Son père, un homme meurti et silencieux ne lui parle jamais de l'absente. Mais sur son lit de mort, ce père lui révèle que sa mère a eu un amant.
Alice part à sa recherche, espérant découvrir un peu plus sa mère à travers cet amour.
Mon avis :
par des phrases simples décrivant des sentiments vrais, l'auteure a su me toucher et faire résonner en moi certaines blessures de l'absence, de celles qui nous étouffe et nous empêche d'avancer, parfois.
jeudi 25 mars 2010
La pluie, avant qu'elle tombe - Jonathan COE
Gallimard, 8 janvier 2009, 248 pages
Rosamond vient de mourir, mais sa voix résonne encore, dans une confession enregistrée, adressée à la mystérieuse Imogen.
Mais ce n'est pas Imogen qui écoute ces cassettes, mais sa nièce Gill avec ses deux filles. N'ayant pu retrouver Imogen, Gill se résoud à écouter les cassettes de sa tante décédée.
S'appuyant sur vingt photos soigneusement choisies, elle laisse libre cours à ses souvenirs et raconte, des années quarante à aujourd'hui, l'histoire de trois générations de femmes, liées par le désir, l'enfance perdue et quelques lieux magiques.
Et de son récit douloureux et intense naît une question, lancinante : y a-t-il une logique qui préside à ces existences ?
Mon avis :
J'avais adoré "Testament à l'anglaise", un pavé dévoré il y a des années sur la société anglaise des années 80-90.
Ce livre-ci est plus intimiste, plus centré sur les destins d'enfants et de femmes du 20e siècle.
J'ai passé un bon moment de lecture à écouter la vie de Rosamond et ce qui la lie à la petite Imogen.
mardi 23 mars 2010
Le dresseur d'insectes - Arni THORARINSSON
Métailié noir, 2008, 345 pages
Au lendemain de la grande fête des commerçants de Akureyri, la grande ville du Nord de l'Islande, on dénombre de nombreuses gueules de bois, quelques dépucelages, plusieurs agressions, plusieurs viols aussi.
Mais une femme qui se présente sous le nom de Victoria demande à Einar, le correspondant local du Journal du soir, de se rendre immédiatement, avec la police, dans une "maison hantée" de la vieille ville: ils y découvrent le corps d'une jeune fille étranglée. Personne n'a signalé de disparition.
Peu après, Einar apprend que son informatrice, entrée dans une clinique de désintoxication, a été assassinée. Fort de son expérience d'ancien alcoolique, il se fait interner pour mener son enquête.
Résistant à la pression de son rédacteur en chef avide de sensationnel, il saura découvrir l'identité réelle des deux victimes, et leur histoire.
Mon avis :
encore un polar nordique. Mais cette fois-ci, pas de policier alcoolique, c'est un journaliste qui mène l'enquête, ce qui rend le point de vue intéressant, d'autant plus que sa fille se mèle de lui prêter main forte.
La musique rock est très présente (le titre est tiré d'une chanson des Kinks, que je ne connais pas, mais cela ne gène pas la lecture).
Voici un roman très sexe, drogue, rock'n'roll et Hollywood.
vendredi 19 mars 2010
En ce jour...
En ce jour de la Saint-Joseph, il y a 8 ans, tu décidais de nous quitter, mon papa.
En souvenir, une chanson que tu aimais fredonner quand tu étais en colère :
Quittant ses genêts et sa lande
Quand le Breton se fait marin
En allant aux pêches d'Islande
Voici quel est le doux refrain
Que le pauvre gars
Fredonne tout bas
"J'aime Paimpol et sa falaise
Son église et son Grand Pardon
J'aime surtout la Paimpolaise
Qui m'attend au pays breton"
Quand leurs bateaux quittent nos rives
Le curé leur dit "Mes bons fieux
Priez souvent monsieur saint Yves
Qui nous voit, des cieux toujours bleus"
Et le pauvre gars
Fredonne tout bas
"Le ciel est moins bleu, n'en déplaise
A saint Yvon, notre Patron,
Que les yeux de ma Paimpolaise
Qui m'attend au pays breton !"
Le brave Islandais, sans murmure
Jette la ligne et le harpon
Puis, dans un relent de saumure
Il s'affale dans l'entrepont
Et le pauvre gars
Soupire tout bas
"Je serais bien mieux à mon aise
Devant un joli feu d'ajonc
A côté de la Paimpolaise
Qui m'attend au pays breton !"
Mais souvent l'océan qu'il dompte
Se réveillant lâche et cruel
Le jour venu, quand on se compte
Bien des noms manquent à l'appel
Et le pauvre gars
Fredonne tout bas
"Pour aider la marine anglaise
Comme il faut plus d'un moussaillon
J'en f'rons deux à ma Paimpolaise
En rentrant au pays breton !"
Puis, quand la vague le désigne
L'appelant de sa grosse voix
Le brave Islandais se résigne
En faisant un signe de croix
Et le pauvre gars,
Quand vient le trépas
Serrant la médaille qu'il baise,
Glisse dans l'océan sans fond
En songeant à la Paimpolaise
Qui l'attend au pays breton !
La Paimpolaise, Jack Lantier
lundi 15 mars 2010
Adieu, vert paradis - Alexandre LAZARIDES
Editions Zoe, 15 septembre 2009, 373 pages
Dans une ville qui n'est jamais nommée, au bord d'un des plus grands fleuves du monde, (serait-ce au Caire ?) un enfant vit l'enfer des secrets de famille.
Ses parents appartiennent au monde de la diaspora, ils restent des étrangers au pays. Aucun ne parle la langue du pays, et le père a du mal à maîtriser celle de la mère.
L'univers de l'enfant est clos et menaçant malgré la tendresse lucide de la mère. Le « petit hérisson » se réfugie dans des cachettes d'où il observe la vie familiale.
Quand il devient le témoin d'événements plus cruels encore qu'il ne les imaginait, il est frappé d'inertie. Lui aussi doit alors, dorénavant, porter le poids du secret.
Mon avis :
que de secrets dans cette famille, secrets que l'on devine peu à peu, au fil des pages. On sent que l'écriture est laborieuse pour raconter les souvenirs de l'enfant et faire émerger un monde d'adultes dont il ne maîtrise pas les codes.
Pourtant, j'ai eu envie d'aller au bout de la narration et de la relation mère-fils faite de non-dits.
Dommage que l'écriture n'ai pas été plus légère.
Merci Esmeraldae pour cette découverte, ton billet m'a donné envie de découvrir cet univers.
dimanche 14 mars 2010
Dimanche poétique # 18
J'ai tout appris de toi sur les choses humaines
Et j'ai vu désormais le monde à ta façon
J'ai tout appris de toi, comme on boit aux fontaines
Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines
Comme, au passant qui chante, on reprend sa chanson
J'ai tout appris de toi jusqu'au sens du frisson
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un cœur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement ?
J'ai tout appris de toi, pour ce qui me concerne,
Qu'il fait jour à midi, qu'un ciel peut être bleu,
Que le bonheur n'est pas un quinquet de taverne
Tu m'as pris par la main dans cet enfer moderne
Où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être deux
Tu m'as pris par la main comme un amant heureux
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un cœur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement ?
Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes,
N'est-ce pas un sanglot de la déconvenue,
Une corde brisée aux doigts du guitariste ?
Et pourtant, je vous dis que le bonheur existe
Ailleurs que dans le rêve, ailleurs que dans les nues,
Terre, terre, voici ses rades inconnues
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un cœur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement ?
Paroles de Louis ARAGON,
Interprète Jean FERRAT
Que serais-je sans toi
D'autres poèmes chez Celsmoon, Edelwe, Mango, Lepetitmouton, Abeille, Emmyne, Paradoxale, Chrestomanci, Mariel, Laurence, Ankya, Herisson08, Anjelica, Schneeweiss, George, Uhbnji, Fleur, Armande, Restling, Satya, Violette, Zik, Lystig, Amos, Esmeraldae, Bookworm, Emma, Julien, Marie, Yueyin, Soie, Hambre....

























