vendredi 30 avril 2010
La nuit du tricheur - Hugo BUAN
Pascal Galodé Editeurs, 21 janvier 2010, 372 pages
Cinq oeuvres majeures du peintre Georges de la Tour, doivent être exposées dans l'ancien couvent des Jacobins à Rennes. La sécurité déployée est à la hauteur de l'événement, munie de toutes les nouvelles technologies, inviolable, dixit le responsable de la surveillance... Le couvent se transforme alors en fort Chabrol.
Malheureusement, un certain Fletcher et sa bande de malfrats parisiens ne voient pas les choses de cette manière. Génie de l'embrouille, Fletcher élabore un plan divinement machiavélique pour s'emparer des tableaux.
C'est sans compter sur le commissaire Workan, charger de superviser l'exposition. Car bien sûr, quand Workan s'en mèle, ce qui ne devait être qu'un travail de routine se transforme en enquête compliquée impliquant des membres de la famille.
Mon avis :
J'ai été ravie de retrouver le commissaire Workan dans de nouvelles aventures dans sa ville de Rennes (bien que je dois avouer que la précision du nom des rues ne m'ait pas été d'une grande utilité pendant ma lecture, malgré ma visite de la ville il y a quelques années. Mais pour les autochtones, cela doit être intéressnat de situer l'action dans la ville).
Toujours autant de gouaille, ce commissaire, du San-A revisité à la sauce moderne, qui ferait presque tourner son chef en bourrique, sans oublier ses acolytes qui ne cessent de se chamailler.
L'arnaque au musée est très bien ficellée, ainsi que le dénouement final.
Et puis on en apprend un peu plus sur la famille du commissaire.
Bref, j'ai adoré ce troisième opus.
L'image que je retiendrai :
celle des collaborateurs dépités par les jeux de mots et d'esprit de Workan.
Je remercie les Editions Pascal Galodé
pour l'envoi de ce roman que mon mari s'est empressé de lire également
jeudi 29 avril 2010
Polar en plein coeur
CHRONI’CŒURS DE MAI POUR POLAR EN PLEIN CŒUR
CONCOURS CHRONIQUES POLAR JEUNESSE
A l’occasion du salon Polar en Plein Cœur qui aura lieu les 11, 12 et 13 juin 2010 à l'Espace d'Animation des Blancs Manteaux, Paris 4ème, Les allées Candides, la librairie A livr’ouvert, et Livre ailé lancent un concours de la meilleure chronique de romans policiers jeunesse.
Si vous avez moins de 18 ans, aimez lire un peu, beaucoup, passionnément et que vous souhaitez devenir « chroni'coeur littéraire » envoyez-nous vos textes format .doc, times, 12, ne dépassant pas 40 lignes : (court résumé ne dévoilant pas la fin de l'intrigue + votre avis sur le livre) par email avec vos coordonnées : nom, prénom et âge à l'adresse chronicoeursdepolars@gmail.com avant le 30 MAI 2010.
Toutes les chroniques de polar jeunesse nous intéressent.
Les meilleures chroniques seront publiées a minima sur le blog des allées Candides : http://culturetribu.blogspot.com sur le site de la librairie A livr’ouvert : www.alivrouvert.org et sur le blog de Polar en Plein Cœur : http://polarenpleincoeur.over-blog.com/
Les chroniques les plus originales, pertinentes, surprenantes, amusantes, (etc etc) seront déclarées « vain’cœur » lors d’une remise de prix sympathique qui se déroulera sur le salon, le dimanche 13 juin à 15h30 et à l’occasion de laquelle les gagnants recevront des livres et pourront rencontrer de nombreux auteurs.
Le jury est composé de Aria Elun (auteur jeunesse), Céline Delaruelle (auteur et créatrice du webzine les Allées Candides), Danica Urbani (Dadoclem Editions), Fabienne Colas (Livre ailé), Ilyana (chroniqueuse des Allées Candides) Magali (librairie A livr’ouvert), Philippe Gourdin (auteur).
Alors n'hésitez pas, à vos claviers et jetez-vous dans l'univers du suspens en devenant acteur de Polar en Plein Coeur.
mercredi 28 avril 2010
Sang pour sang - Gipsy PALADINI
Transit Editeur, 2009, 330 pages
L'inspecteur Al Seriani et son coéquipier David Goldberg, un jeune flic fraîchement sorti de l'Académie de police, son lancé sur une enquête des plus cahotique et incompréhensible : un homme sous une fausse identité est retrouvé mort dans une chambre d'un grand hôtel new-yorkais. Son pénis a été découpé.
Quelques jours plus tard, un autre homme est retrouvé lui aussi mort dans une chambre d'un autre grand hôtel new-yorkais, avec le pénis du précédent. Bien sûr, rien ne semble rapprocher les deux hommes.
Mon avis :
un roman qui a été écrit il y a quelques années, mais que l'éditeur n'a publié que récemment (et encore, pas en France).
Il aurait été dommage, en effet, de passer à côté d'un bon polar qui va remuer le passé, même si les enquêteurs sont un peu clichés (le vieil alcoolique et le petit jeune frais émoulu). Toutefois, le roman ne tombe pas non plus dans la caricature et explore des évenements historiques passés sous silence.
Sans oublier la ville de New-York en arrière plan.
Merci Géraldine d'avoir fait de ce polar un livre voyageur.
lundi 26 avril 2010
La commissaire n'aime point les vers - Georges FLIPO
Editions de La Table Ronde, 4 février 2010, 299 pages
La commissaire Viviane Lancier n'est pas du genre poète, mais la voici condamnée à se passionner pour Baudelaire : un sonnet torride dont il serait l'auteur se transforme en serial killer, envoyant à la morgue ceux qui s'y intéressent.
Flanquée de son ingénu lieutenant Monot, Viviane Lancier plonge dans une enquête où semblent la narguer les morts, les survivants et même les revenants.
Mon avis :
voici une commissaire pas piquée des vers : enchainant régime sur régime pour tenter de rentrer dans son petit ensemble rose Carol (le dernier régime,cependant, à l'air super efficace), elle ne semble se soucier que de sa ligne impossible à tenir et de son amant qu'elle voit épisodiquement quand elle veut sauf les week-end.
Une enquête bien embrouillée où les morts se suivent mais ne se ressemblent pas, y compris un faux meurtre déguisé en suicide de plusieurs meurtres - où l'inverse.
Toutefois, même si la prose de l'auteur est fluide à souhait avec ces petites touches "so british" - mais pas trop - que j'affectionne, il manque tout de même à ce livre un vrai épisode marquant qui me ferait me souvenir de l'intrigue, une image forte qui resterait graver dans ma mémoire.
Ceci dit, j'ai hâte de savoir si Viviane rentre encore dans son ensemble rose lors de ses secondes aventures, et si elle s'est un peu mise au goût du jour, elle qui ne connait en début de série ni les forums internet, ni les vers de Victor Hugo.
Car une question me taraude : "la commissaire n'a point l'esprit club" (titre de l'épisode 2 prévu en 2011) : quel club ? Le club de bridge, le club de foot, le club-sandwich ?....
L'avis de mon mari :
"Un bon polar, mais je n'ai pas vu le dénouement, j'ai cru jusqu'au bout que c'était Monot le coupable".
dimanche 25 avril 2010
Dimanche poétique # 23
"Mais madame, vous êtes une rockeuse" me disait un élève dans le car après leur avoir chanter "L'aventurier".
"Je la chantais que vous n'étiez pas nés, bande de gamins...."
Pour rester dans le genre rock, voici un poème de Jim Morrison (chanteur cultissime des Doors) et ma chanson préférée du groupe.
Savez-vous la chaleur du progrès
sous les étoiles ?
Savez-vous que nous existons ?
Avez-vous oubliés les clés
du Royaume
Avez-vous déjà été mis au monde
& êtes-vous en vie ?
Ré-inventons les dieux, tous les mythes
des siècles
Célébrons les symboles des profondes forêts anciennes
(Avez-vous oublié les leçons
de la guerre antique)
Il nous faut de grandes copulations dorées
Les pères ricanent dans les arbres de la forêt
Notre mère est morte dans la mer
Savez-vous que nous sommes conduits aux
massacres par de placides amiraux
& que de gras et lents généraux sont rendus
obscènes par le sang jeune
Savez-vous que nous sommes gouvernés par la télé
La lune est une bête au sang sec
Des groupes de guérilleros roulent des joints
dans le carré de vigne voisin
thésaurisant pour la guerre sur le dos d'innocents
bouviers qui ne font que mourir
O grand créateur de ce qui est
accorde-nous une heure de plus pour
accomplir notre art
& parfaire nos vies
Les mites & les athées sont doublement divins
& mourants
Nous vivons, nous mourons
& la mort n'arrête rien
Nous poursuivons notre voyage dans le
Cauchemar
Accrochez-vous à la vie
Notre fleur passionée
Accrochez-vous aux cons & aux bites
du désespoir
Notre ultime vision nous a été donnée
par la chaude-pisse
L'entre-jambe de Colomb s'est
gonflé de mort verte
(J'ai touché sa hanche
& la mort a souri)
Nous nous sommes assemblés dans ce théâtre antique
& fou
Pour propager notre rage de vivre
& fuir la sagesse grouillante
des rues
Les portes ouvertes sont enfoncées (1)
Les fenêtres gardées
& seule de tout le reste
Pour danser et nous sauver
Avec le divin simulacre
des mots
La musique enflamme le tempérament
(Qaund on permet aux meurtriers du seul Roi
de rôder en liberté
un millier de magiciens surgissent
dans le pays)
Où sont les festins
qui nous ont été promis
Où est le vin
Le vin nouveau
(il meurt sur la vigne)
simulacre résident
donne-nous une heure pour la magie
Nous du gant pourpre
Nous du vol d'étourneau
& de l'heure de velours
Nous de la race du plaisir arabe
Nous du dôme solaire & de la nuit
Donne-nous une profession
Pour croire
Une nuit de luxure
Donne-nous espoir dans
La Nuit
Donne de la couleur
cent teintes
un riche Mandala
pour moi & toi
& pour votre maison
coussinée de soie
une tête, la sagesse
& un lit
Décret troublé
Le simulacre résident
t'a revendiqué
Nous avons cru
au bon vieux temps
Nous en profitons encore
Dans une moindre mesure
Les Choses de la Bonté
& un sourcil peu engageant
Pardonnent & permettent
Saviez-vous que la liberté existe
dans un livre de classe
Saviez-vous que des fous
dirigent notre prison
Dans une geôle, dans un cachot
Dans un tourbillon
blanc, libre et protestant
Nous sommes juchés la tête en bas
au bord de l'ennui
Nous cherchons à atteindre la mort
au bout d'une bougie
Nous essayons de trouver quelque chose
Qui nous a déjà trouvés
Nous pouvons inventer nos propres Royaumes
de grands trônes pourpres, ces sièges de luxure
& aimer il nous faut, sur des lits de rouille
Des portes d'acier enferment les cris du prisonnier
& de la muzak, grandes ondes, berce leurs rêves
Pas de fierté d'homme noir pour hisser les poutres
tandis que des anges moqueurs filtrent les apparences
Être un collage de poussière de magazine
Gratté sur les fronts de murs de confiance
Ceci n'est qu'une prison pour ceux qui doivent
se lever le matin & lutter pour de telles
valeurs inutilisables
tandis que des demoiselles en pleurs
étaient leur indigence & font la moue
paroles incohérentes pour
un personnel enragé
Oh, j'en ai assez de douter
Vivez dans la lumière de la certitude
Sudiste
Liens cruels
Les serviteurs ont le pouvoir
hommes-chiens & leurs viles femelles
couvrant de draps misérables
nos marins
(& où donc citez-vous à notre heure d'abstinence)
Traire votre moustache ?
où moudre une fleur ?
J'en ai assez des visages austères
Qui me fixent du haut de leur tour de
Télé. Je veux des roses dans
la tonnelle de mon jardin : pigé ?
Bébés royaux, rubis
doivent maintenant remplacer les
Étrangers avortés dans la boue
Ces mutants, nourriture de sang
pour la plante qu'on a labourée
Ils nous attendent pour nous ammener dans
les jardins désunis
Savez-vous la pâleur et les frissons impudiques
de la mort qui vient à une heure étrange
sans être annoncée, sans être escomptée
comme un invité effrayant et trop amical qu'on
aurait pris dans son lit
La mort fait de nous tous des anges
& nous donne des ailes
là où nous avions des épaules
douces comme des serres
de corbeau
Plus d'argent, plus de déguisement
Cet autre Royaume semble de loin le meilleur
jusqu'à ce que l'autre mâchoire révèle l'inceste
& le respect relaché à une loi végétale
Je n'irai pas
Je préfère un Festin d'Amis
À la famille Géante
Une Prière Américaine
Jim Morrison
vendredi 23 avril 2010
Sukkwan Island - David VANN
Gallmeister, 7 janvier 2010, 212 pages
Un père et son fils s'installe sur une île de l'Alaska pour y passer l'hiver. Dès le premier jour, ils doivent palier certains manques et construire un abri à bois, faire des provisions, installer un fumoir à viande...
Ils partent tout de même en balade, le père se rappelant avec nostalgie son enfance dans ce coin de l'Alaska.
Mais pendant une de leur promenade, un ours entre dans le refuge, saccage tout sur son passage et englouti la moitié des provisions. De retour et constatant les dégats, le père part abattre l'ours pendant que le fils doit se débrouiller pendant deux jours seul.
Les jours passent et le froid arrive, la pluie, la neige. Père et fils semblent avoir trouvé un équilibre, même si le père continue de pleurer tous les soirs. Petit à petit, il se confie à son fils.
Mais, obsédé par son second divorce, le père ne cesse d'appeler sa seconde femme, ce qui le plonge dans un état de stress dont il se défoule en tirant de partout, jusqu'au jour de l'accident.
Mon avis :
ah, les paysages de l'Alaska, la solitude des grands espaces que les urbains ne savent appréhender. Se retrouver face à soi-même aussi et faire le point sur sa vie. Sauf que dans ce roman, la pensée du père tourne vite à l'obsession puis tourne à vide.
Voici un roman dérangeant qui entraine le lecteur dans les méandres de la pensée du fils puis du père. Même si le parent de l'autre n'est pas celui que l'on croit, ce qui rend difficile son rôle à l'adolescent.
Un roman psychologique où la nature joue le rôle de déclencheur et où l'homme ne fait que rajouter son grain de sel.
Nombreux(ses) son les blogueurs(euses) à s'être laissée entraîner en Alaska en plein hiver. BOB les recensent.
L'image que je retiendrai :
celle de la folie du père à la fin.
mercredi 21 avril 2010
Le mystère de la maison Aranda - Jéronimo TRISTANTE
Editions Phebus, février 2009, 366 pages
Madrid, 1877. Victor Ros est un petit délinquant. Arrêté pour vol à la tire, il va aussitôt fasciner le sergent don Armando par son intelligence et sa perspicacité. Ce dernier en fait son protégé et quelques mois plus tard ce gamin du peuple se retrouve promu sous-inspecteur.
Après un premier succès, il est chargé d'élucider une étrange affaire : "le mystère de la Maison Aranda". Trois meurtres ont été perpétrés dans cette riche demeure. On dit cette maison maudite. Mais Victor Ros est bien trop rationnel pour y croire.
De plus, il est secrètement amoureux de la deuxième fille du propriétaire de la maison.
Bien trop humaniste aussi pour se détourner d'une autre affaire, moins médiatique : une série de meurtres commis à l'encontre de prostituées. Son amie Lola, prostituée, lui demande de résoudre ce mystère car trois de ses corelégionnaires ses sont elles aussi faites assassiner par un homme qui les poignarde au côté gauche et ne leur laisse que 30 pesetas.
Mon avis :
détrompez-vous, esprit policier, les deux affaires ne sont pas liées (le fautif n'est pas le même).
Mais Victor Ros va mener de mains de maître ces deux enquêtes, même si parfois je l'ai trouvé un peu jeune et un peu culoté par rapport au contexte social de l'époque (on ne mélangeait pas la bourgeoisie et la noblesse et encore moins le petit peuple).
Suspens et mystère durent jusqu'au bout avec une petite touche de surnaturelle juste ce qu'il faut car Victor n'y croit pas, donc le lecteur non plus.
lundi 19 avril 2010
Les visages - Jesse KELLERMAN
Editions Sonatine, 15 octobre 2009, 471 pages
Lorsque Ethan Muller, propriétaire d'une galerie, met la main sur une série de dessins d'une qualité exceptionnelle, il sait qu'il va enfin pouvoir se faire un nom dans l'univers impitoyable des marchands d'art.
Leur mystérieux auteur, Victor Crack, a disparu corps et âme, après avoir vécu reclus près de quarante ans à New York dans un appartement miteux.
Dès que les dessins sont rendus publics, la critique est unanime : c'est le travail d'un génie. La mécanique se dérègle le jour où un flic à la retraite reconnaît sur certains portraits les visages d'enfants victimes, des années plus tôt, d'un mystérieux tueur en série.
Ethan se lance alors dans une enquête qui va bien vite virer à l'obsession.
Mon avis :
si vous lisez ce polar, n'oublier aucunes pistes suggérées par l'auteur, tout est important.
Toutefois, j'ai trouvé l'histoire d'amour très délayée. Ceci dit, le suspens est vraiment prenant, et qui plus est, ce n'est pas un polar classique car celui qui mène l'enquête est un marchand d'art.
L'image que je retiendrai :
Celle suggérée par l'immense peinture.
dimanche 18 avril 2010
Dimanche poétique # 22
La colombe poignardée et le jet d'eau
Guillaume APOLLINAIRE
D'autres poèmes chez Celsmoon, Edelwe, Mango, Lepetitmouton, Abeille, Emmyne, Paradoxale, Chrestomanci, Mariel, Laurence, Ankya, Herisson08, Anjelica, Schneeweiss, George, Uhbnji, Fleur, Armande, Restling, Satya, Violette, Zik, Lystig, Amos, Esmeraldae, Bookworm, Emma, Julien, Marie, Yueyin, Soie, Hambre....
jeudi 15 avril 2010
Jan Karski - Yannick HAENEL
Gallimard, collection L'Infini, 3 septembre 2009, 187 pages
Varsovie, 1942. La Pologne est dévastée par les nazis et les Soviétiques. Jan Karski est un messager de la Résistance polonaise auprès du gouvernement en exil à Londres. Il rencontre deux hommes qui le font entrer clandestinement dans le ghetto, afin qu'il dise aux Alliés ce qu'il a vu, et qu'il les prévienne que les Juifs d'Europe sont en train d'être exterminés.
Jan Karski traverse l'Europe en guerre, alerte les Anglais, et rencontre le président Roosevelt en Amérique. Trente-cinq ans plus tard, il raconte sa mission de l'époque dans Shoah, le grand film de Claude Lanzmann.
Mais pourquoi les Alliés ont-ils laissé faire l'extermination des Juifs d'Europe ?
Mon avis :
Un livre en trois parties : d'abord le récit de la séquence du film "Shoah" de Claude Lanzman dans laquelle Jan Karski apporte son témoignage. Puis le résumé du livre de Jan Karski sur son travail de messager pendant la Seconde guerre mondiale. Enfin, la partie romancée du livre dans laquelle l'auteur raconte la vie du messager polonais depuis le début de la guerre jusqu'à son apparition dans le film.
Certe, ce livre insiste sur l'indicible de la Shoah et la non-compréhension de ceux à qui le messager porte son message ; sur l'aveuglement volontaire des Alliés qui ne voulaient pas intervenir civilement mais préféraient des cibles militaires, permettant aux nazis de continuer leur oeuvre d'extermination.
Certe, l'auteur insiste sur le fait que le messager devient petit à petit le message que personne n'a voulu entendre, condamnant des milliers des personnes à la mort.
Certe, l'auteur revient sur le massacre des généraux polonais de Katyn injustement attribué à Hitler alors que ce sont les soviétiques qui ont orchestrés la fin de l'armée polonaise.
Mais en lisant ce livre, une phrase me revient en tête, celle d'"Ubu roi" : "l'histoire se passe en Pologne, c'est à dire nulle part". Mon impression est que dans ce livre, l'auteur a tenté de montrer que la Pologne n'est pas ce "pays nulle part" mais un bel et bien un vrai pays de résistants, contrairement à ce que l'histoire officielle veut nous le schématiser.
Je ne rentrerai pas dans la polémique suscitée par ce livre, car ce que je retiens, c'est la phrase de Claude Lanzman à Jan Karski : sur le mémorial de Yad Vachem, il y a surtout des noms de justes polonais.
L'image que je retiendrai :
Celle d'un homme hantant les coulisses du pouvoir mais ne pouvant expliquer ni faire comprendre l'indissible.
























