Mot-à-mots

"J'ai commencé ma vie comme je la finirai... Au milieu des livres" (Jean-Paul SARTRE)

jeudi 29 septembre 2011

Sugar baby - Philippe BARTHEROTTE

sugar-baby

Arkhe Editions, 4 mars 2011, 242 pages

Résumé de l'éditeur :

"Dehors des rangées d'immeubles entières s'assombrissent, se dégradent, se délitent et s'effondrent dans un ciel poussiéreux où brillent des dizaines de soleils, et les soleils se rejoignent devenant une boule de feu gigantesque, pendant un instant, il n'y a plus que de la lumière, et puis la nuit tombe, une nuit presque solide, tangible, et la lune devient plus petite et s'éloigne, les étoiles s'estompent, et il n'y a plus rien, je suis seul et la nuit est profonde et glaciale.
Je suis seul et je me ronge les doigts jusqu'au sang. Dans ma tête, quelque part, lancinant, il y a le nom d'Ornella."

Mon avis :

Gentillement envoyé et dédicacé par l'auteur, je me suis plongée dans la lecture de ce roman dont j'ignorait tout, l'auteur m'ayant prévenu que la quatrième de couverture ne reflétait en rien l'atmosphère du roman.

C'est un bel objet que ce livre : tout mignon avec une seconde et troisième de couverture bleu pastel, un titre couleur bonbon. La tête de mort aurait dû m'allerter.

Il est en effet question d'un jeune homme qui, ne travaillant pas, passe sa vie sur les sites pornographiques - de préférence avec de jeunes filles - et qui s'entraîne au tir pour faire "un carton" aux Galeries Lafayette au moment des soldes - moment fort bien choisi, ceci dit.

Et tout est à l'avenant : de jolies jeunes filles forcément bien roulées que le héros sodomise (si avec ça je ne fais pas grimper mes stats de blog...), l'imagination débridé de ce-dit héros qui se voit faisant un carnage tout en mangeant ses bonbons Haribeaux, sans oublier le faux profil Face-de-book pour rameuter des nanas.

Vous l'aurez compris, il faut prendre ce roman au second degré. Car ce que cherche à "faire voir" l'auteur - car c'est un roman très imagé - c'est notre société de consommation : violence-sexe-bouffe.

Parfois, on frise l'overdose de sexe, notamment avec la scène du viol d'une mineure vue du point de vue de l'homme ; ou encore celle de l'ado qui adore ça (ben voyons).

Ce n'est pourtant pas un roman qui met "mal à l'aise" car ce que décrit l'auteur est malheureusement plausible mais jamais vulgaire (il appelle un chat un chat, enfin dans le cas présent, ce serait plutôt au féminin).

Trève de grivoiseries, ce roman est très ancré dans l'année 2010-2011 (de nombreuses références à l'actualité, comme pour rappeler que le héros est totallement déconnecté). Un peu trop d'ancrage donc, car je me demande si ce livre vieillira bien. Il a le mérite de se faire poser des questions : est-il important d'être allerté par flash-info à la minute près de la libération des mineurs colombiens ?

En résumé, trop d'infos tuent l'info, ou, comme le dirait mon prof de com à la fac : "plus on communique, moins on communique".

Sur ces belles paroles, je vous laisse méditer...

L'image que je retiendrai :

Celle de la chanson des Rubettes qui m'a trotté dans la tête chaque fois que je prenais le livre pour le lire :


The Rubettes Sugar Baby Love

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mardi 27 septembre 2011

Meurtres à la pomme d'or – Michèle BARRIERE

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Le livre de poche, 8 octobre 2008, 312 pages

Résumé de l'éditeur :

An de grâce 1556: François, étudiant en médecine à Montpellier, n'a qu'une idée en tête: devenir cuisinier.
Aux dissections, il préfère l'étude du safran, de la cardamome, du gingembre, du macis et autre maniguette sous la houlette de l'apothicaire Laurent Catalan.

Mais une série de morts suspectes sème le trouble dans la ville. Un mystérieux breuvage distribué par un apothicaire ambulant en est la cause. Laurent Catalan, en raison de ses origines juives et de ses sympathies pour les protestants est accusé de complicité et jeté en prison François mène l'enquête jusqu'à Bologne.

Mon avis :

Premier roman noir et culinaire que je lis, j'ai bien aimé ce mélange des genres.

Cependant, l'enquête est un peu mince (j'avais deviné qui pouvait être à l'origine des morts) et les énumérations des plats un peu longuette.

Ceci dit, ce livre a le mérite de m'avoir plongée dans l'ambiance de la Renaissance qui craignait encore la peste noire ; de m'avoir fait découvrir la querelle entre les médecins qui ne voulaient pas des apothicaires qui eux-mêmes ne voulaient pas des épiciers.

Mais également la découverte de l'Italie de la Renaissance pleine de couleurs, de fêtes et de peintres à l'oeuvre dans la moindre église et maison ; une Italie à la pointe des sciences et des découvertes car la première à cuisiner et aclimater les légumes venues d'ailleurs.

Et puis, l'arrivée des protestants et la difficile position des Juifs, toujours et encore montrés du doigt quand un problème survenait ; sans oublier l'éveil des sens des deux héros aussi bien avec des femmes qu'avec des hommes.

En résumé : un roman très sensuel (amours, morts et petits plats).

L'image que je retiendrai :

Celle du repas de fête à Bologne qu'il faut trois jours pour préparer.

Deux petits plus :

L'histoire de la tomate ;

Des recettes Renaissance tout à fait faisables que je vais m'empresser d'expérimenter, histoire de rester dans l'ambiance (pas eut le temps pendant la lecture du roman, car il se dévore rapidement).

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dimanche 25 septembre 2011

Qui a tué Glenn ? - Léonie SWANN

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Le livre de poche, 2 avril 2008, 375 pages

Résumé de l'éditeur :

Sur une pâture de la verte Irlande, le berger George Glenn est retrouvé assassiné, mais personne dans le pays n'est capable de découvrir son meurtrier.

Alors son troupeau prend les choses en main. Ces moutons-détectives ont en commun le désir de s'élever au-dessus de leur condition. Aux côtés de Sir Ritchfield (le doyen), d'Othello (un bélier noir au passé mystérieux) et de Zora (une brebis philosophe et alpiniste qui aime à flirter avec les abîmes), Miss Maple, la plus sage d'entre tous, s'arroge la direction de l'enquête.

Mon avis :

Vous partez en Irlande ?

Vous adorez les ruminants à laine ?

Ce roman est pour vous. Je l'avais acheté (un des rares) parce que le sous-titre disait : « La première enquête résolue de Miss Maple, la brebis la plus intelligente du troupeau, voire du village, et peut-être même du monde... »

Bien sûr, vous aurez compris qu'il ne s'agit pas de Miss MaRple, celle qui tricote à longueur d'épisodes tout en résolvant des enquêtes, mais de la brebis d'Irlande qui lui donne sa laine (enfin là, j'extrapole).

Miss Maple, la brebis donc, découvre un jour que le berger de son troupeau est mort avec une hache plantée dans le corps.

Aidée de Mople-la-baleine qui mange tout et d'Othello le bélier noir qui a vu le monde, elle va résoudre cette énigme.

A la fin de ma lecture, je savais tout sur les mœurs des moutons, animaux non-violents ne pensant et ne rêvant qu'à brouter, mais aussi sur les moeurs des humains qui, eux aussi, ne peuvent vivre qu'en groupe.

Une comparaison à la Georges Orwell et sa Ferme des animaux, et c'est une réussite.

L'image que je retiendrai :

Celle de Zora voulant devenir un « mouton-nuage » après avoir sauté de la falaise.

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vendredi 23 septembre 2011

Le dîner - Herman KOCH

diner

Belfond, 5 mai 2011, 329 pages

Résumé de l'éditeur :

Succès phénoménal aux Pays-Bas, alliance détonante d'une comédie de moeurs à l'humour ravageur et d'un roman noir à la tension implacable, Le Dîner dresse le portrait de notre société en pleine crise morale.

Deux frères se donnent rendez-vous avec leurs épouses dans un restaurant branché d'Amsterdam. Hors-d'oeuvre : le maître d'hôtel s'affaire. Plat principal : on parle de tout, des films à l'affiche, des vacances en Dordogne. Dessert : on évite soigneusement le véritable enjeu du dîner, les enfants.

Car leurs fils respectifs ont commis un acte d'une violence inouïe. Un café, un digestif, l'addition. Reste la question : jusqu'où irions-nous pour préserver nos enfants ?

Mon avis :

Voici un roman qui nous fait découvrir avec humour les plaisirs de la table sur le mode néerlandais : le petit doigt du serveur est un régal.

Puis on découvre peu à peu l'arrière plan de l'histoire : une famille qui semble heureuse mais que le temps effrite. D'abord le père, enseignant, qui fait une dépression ; puis la mère atteinte d'une grave maladie ; et enfin le fils au comportement violent.

Sans oublier le frère aîné et sa femme qui doivent à la fois protéger leur fils et la carrière politique du mari, futur premier ministre.

Tout est distillé au compte-goutte, l'auteur lançant une anecdote, fait monter la sauce, puis revient au restaurant et au déroulement du repas ou tout le monde veut sauvegarder les apparences.

Un bémol : le début est un peu long, la sauce a du mal à prendre, puis j'ai lu de plus en plus vite pour ne pas qu'elle attache et pouvoir connaître le goût du plat. Et quel plat !

L'image que je retiendrai :

Celle du père écoutant les messages du portable de son fils et découvrant ce que sa femme sait déjà.

Merci ma libraire préférée de m'avoir fait découvrir ce roman.

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mercredi 21 septembre 2011

Chocolat amer - Laura ESQUIVEL

chocolat-amer

Folio, 26 février 2009, 247 pages

Résumé de l'éditeur :

Dans le Mexique du début du siècle, en pleine tempête révolutionnaire, Tita, éperdument éprise de Pedro, brave les interdits pour vivre une impossible passion.

À cette intrigue empruntée à la littérature sentimentale, Laura Esquivel mêle des recettes de cuisine. Car Tita possède d'étranges talents culinaires : ses cailles aux pétales de roses ont un effet aphrodisiaque, ses gâteaux un pouvoir destructeur.

Mon avis :

Voici un roman qui mèle passion amoureuse impossible, réalisme magique et pouvoir de la cuisine.

Tita et Pedro s'aiment mais comme Tita est la dernière fille de la famille, elle est obligée de s'occuper de sa vieille mère acariâtre. Celle-ci préfère que son aînée, Rosaura épouse Pedro. Un autre homme, John le médecin, également amoureux de Tita tentera de l'épouser.

Pendant ce temps, la benjamine, Gertrudis, s'enfuit avec un militaire et fini dans un bordel.

Des personnages haut en couleur, donc, au milieu d'une intrigue à l'eau de rose entrecoupée de recettes de cuisine mexicaine.

Il m'a manqué toutefois de sentir un souffle épique pour faire de ce cette lecture un coup de coeur, même si ce fut une lecture fort agréable.

L'image que je retiendrai :

Celle de la cuisine de la maison familiale où les bébés se sentent à l'aise.

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dimanche 18 septembre 2011

Les savants - Manu JOSEPH

savants

Philippe Rey, 18 août 2011, 414 pages

Résumé de l'éditeur :

Aujourd’hui, en Inde, on ne dit plus « intouchable » mais dalit. Un mot, toutefois, suffit-il à changer la donne ? Ce n’est pas l’avis d’Ayyan.

D’un côté, du sien, une pièce minuscule partagée avec sa jeune épouse et son fils dans une exécrable cité de la banlieue de Bombay, tandis qu’il exerce un emploi de secrétaire dans un institut de recherche de haut vol. De l’autre extrémité du spectre social, à l’Institut, les savants, les « brahmanes » et, avec eux, tous les nantis et leurs femmes inaccessibles, le regardent de haut.

Alors, à l’époque où le petit peuple indien, conscient de sa supériorité numérique, acquiert un pouvoir politique de plus en plus important, Ayyan a une idée…

Son fils, Adi, est brillant. Pourquoi ne pas donner discrètement un coup de pouce au destin, ne pas compenser les injustices de la naissance et du système des castes ? Fort de ce qu’il apprend à l’Institut en écoutant aux portes, Ayyan entretient le mythe d’un petit génie dalit…

Mon avis :

Contrairement à ce que laisse entendre le résumé, du "petit génie", il en est peu question. En revanche, je dirai que les jeux de pouvoir au sein de l'Institut son le thème principal de ce roman.

Sans oublier l'histoire d'amour adultère entre la seule femme de l'Institut et le directeur, sans oublier la Mère Chasteté qui tente de convertir Ayyan au catholiscisme pour que son fils puisse avoir la scolarité gratuite dans son établissement scolaire.

Certe, ce roman est intéressant par ce qu'il décrit de l'Inde (différences toujours actives entre brahmanes et dalits, place de la femme).

Mais je me suis ennuyée dans les querelles des scientifiques qui prétendent, pour les uns que les extra-terrestres existent, et pour les autres que le Big-Bang n'a jamais existé (ou peut-être est-ce l'inverse, je ne sais plus).

Et puis je suis toujours aussi hermétique à l'humour indien. Tant pis pour moi...

Ceci dit, les stratagèmes que met en place le père pour faire passer son fils pour un génie tiennent eux, du génie, et les retournements de situations sont cocasses, à la fin.

Mais je ne pense pas garder longtemps souvenir de cette lecture.

L'image que je retiendrai :

Celle du père et du fils assis sur un banc de béton rose (en souvenir d'un memebre du Rotary Club) sur le bord de mer de Worli.

libfly

Je remercie Libfly de m'avoir fait participer à cette rentrée littéraire 2011 (Rendez-vous en 2012....)

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samedi 17 septembre 2011

Twist - Delphine BERTHOLON

twist

J'ai lu, 18 août 2010, 443 pages

Résumé de l'éditeur :

"Maman me l'avait assez répété, de ne pas parler aux inconnus, de faire attention avec tous ces détraqués qui courent dans la nature mais là, pas une seconde ça ne m'avait traversé l'esprit.
Je m'appelle Madison Etchart, ceci est un SOS."

Madison, 11 ans, est enlevée au retour de l'école. Séquestrée par un mystérieux inconnu, elle recompose son monde au fil de ses cahiers.

Deux voix lui font écho, celle d'une mère brisée mais qui espère toujours, et celle de Stanislas, l'étudiant qui donnait des cours de tennis à la fillette, et dont elle reste secrètement amoureuse...

Mon avis :

Un très beau roman à trois voix sur le thème de l'enfermement : celui de Madison, séquestrée corps et bien par R. et qui raconte dans ses cahiers, au jour le jour, ce qui se passe, ou ne se passe pas, obligée qu'elle est de s'habiller avec des vêtements Dora trop petits, elle qui aime confectionner des chapeaux.

L'enfermement de sa mère qui écrit des lettres à sa fille pour tenter de se libérer de ce cauchemard.

Mais également l'enfermement de Stanislas, amoureux de Louison qui ne l'aime pas.

Je suis sortie de ce livre, non pas détruite par ces histoires de claustrations, mais au contraire respirant l'air frais de la liberté.

Encore un roman de Delphine Bertholon sur le thème de l'asthénie, sans doute plus fouillé que "L'effet Larsen".

Les images que je retiendrai :

Celle de R., collectionneur de petites voitures, ayant prévu tous les échappatoires possibles et les ruses psychologiques pour asservir Madisson.

Celle de la mère de Madisson écrivant à sa fille devant l'océan.

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jeudi 15 septembre 2011

La virevolte - Nancy HUSTON

virevolte

Actes Sud, 1er août 1994, 207 pages

Résumé de l'éditeur :

Un, deux, trois petits tours et puis s'en va : Lin a un mari, deux filles, des amitiés, des moments de rare bonheur. Inexorablement pourtant, une passion qui est aussi son métier - la danse - s'impose à elle.

Jusqu'au jour où elle choisit... La virevolte, c'est cela : une impulsion irrésistible, un élan, un jaillissement qui, de l'accouchement à l'abandon et à l'envol, restent à jamais un sursaut vers la vie. La danse, le mystérieux travail du temps, le vertige et le désarroi d'être mère, l'indicible solitude, la beauté et la vulnérabilité des corps, la puissance des cycles, l'énigmatique empreinte du destin familial.

Mon avis :

Un très beau roman sur la danse. Qui a un jour connu le vertige de "la virevolte" comprendra cette mère qui abandonne mari et enfants pour danser aux quatre coins du monde.

Mais c'est également l'histoire du mari qui se remarie ; des deux filles au caractère si différent dès la naissance.

Une narration au rythme d'un ballet contemporain, déroutant mais tellement humain.

L'image que je retiendrai :

Celle de la salle de danse de Lin, dans sa maison, que sa fille aînée vient hantée pour danser à son tour.

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mardi 13 septembre 2011

L'art français de la guerre - Alexis JENNI

artfrancais-guerre

Gallimard, 18 août 2011, 633 pages

Résumé de l'éditeur :

"J'allais mal ; tout va mal ; j'attendais la fin.
Quand j'ai rencontré Victorien Salagnon, il ne pouvait être pire, il l'avait faite la guerre de vingt ans qui nous obsède, qui n'arrive pas à finir, il avait parcouru le monde avec sa bande armée, il devait avoir du sang jusqu'aux coudes. Mais il m'a appris à peindre. Il devait être le seul peintre de toute l'armée coloniale, mais là-bas on ne faisait pas attention à ces détails. Il m'apprit à peindre, et en échange je lui écrivis son histoire.

Il dit, et je pus montrer, et je vis le fleuve de sang qui traverse ma ville si paisible, je vis l'art français de la guerre qui ne change pas, et je vis l'émeute qui vient toujours pour les mêmes raisons, des raisons françaises qui ne changent pas. Victorien Salagnon me rendit le temps tout entier, à travers la guerre qui hante notre langue."

Mon avis :

"Non mais qu'est-ce qui a pris Libfly de m'envoyer un pavé pareil sur l'art de la guerre ? Ils m'ont bien regardé ?!" Voilà ce que je me suis dis en recevant ce gros livre un jour de juillet.

Je l'ai laissé trainé sur ma PAL, je l'avoue, et ne l'ai pris en mains que ce week-end. Malheureuse ! Quel roman intéressant que celui-ci.

A la fois roman d'amour : amour du narrateur pour sa dulcinée, amour de Salagnon pour sa belle Eurydice, amour des "paras" pour la France.

Mais aussi roman sur la guerre, celle qui dure chez nous depuis 60 ans : celle de 39-45 pendant laquelle Victorien s'engage, celle d'Indochine où Victorien lutte contre la chaleur, et celle d'Algérie d'où il sauvera sa belle.

Roman sur l'art du dessin : le narrateur prend des leçons auprès de Victorien et découvre que sans le blanc de la feuille, le noir du trait de crayon n'existe pas.

60 ans de guerre à la française racontée et expliquée de façon grandiose, bien que parfois un peu pompeuse, mais pas trop longtemps.

Un roman sur la société contemporaine également, ses banlieues et son fascisme larvé.

Au final, je remercie Libfly pour l'envoi de ce pavé qui m'a passionné.

L'image que je retiendrai :

Il y en a tellement : celle des soldats de toutes nationalités à Saïgon ; celle des paras "nettoyant" Alger ; celle des parents de Victorien, commerçants jouant double jeu ; celle de son professeur de latin....

libfly

Merci à Libfly pour l'envoi de ce romans sur "l'art français de la guerre"

(mais quel titre, tout de même...)

Posté par wakinasimba à 12:55 - Auteurs en J - Commentaires [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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lundi 12 septembre 2011

Les autos tamponneuses - Stéphane HOFFMANN

autos-tamponneuses

Albin Michel, 17 août 2011, 232 pages

Résumé de l'éditeur :

" Pour nous, le mariage a toujours ressemblé à un tour d'autos tamponneuses : c'est inconfortable, on prend des coups, on en donne, on tourne en rond, on ne va nulle part mais, au moins, on n'est pas seul."

Lorsque Pierre veut prendre sa retraite pour passer le reste de sa vie auprès de sa femme dans leur belle maison du golfe du Morbihan, Hélène ne l'accepte pas. Elle ne tient pas à découvrir un vieux mari en l'homme qu'elle aime depuis toujours. Une nouvelle vie commence. Tout est à réinventer.

Mon avis :

Je n'avais pas franchement envie de lire un roman sur un soixantenaire qui prend sa retraite : ça va être plombant, ça va être gris, ça va me démoraliser.

Et bien, pas du tout ! Quel humour, ce Pierre, quelle décontraction, quel recul sur sa vie et celle des personnes qui l'entourent.

Un peu trop parfois, car j'ai senti Pierre loin de ses enfants, certes grands, mais il ne sait même pas si il a des petits enfants.

Ceci dit, malgré son manque de préparation à la retraite, Pierre sait prendre la vie du bon côté (ah, ces pique-nique Champagne-pâté Hénaf !) et se remet au vélo et à la voile.

Les soirées organisées par sa femme sont des grands moments de bonheur où l'auteur se plait à croquer la bourgeoisie de province ; et le reste du temps, c'est notre société de consommation qui est raillée.

Toutefois, un langage familier utilisé par les personnages alors que j'en attendais un langage châtié m'a dérouté.

Au final, un roman intéressant par sa façon de fustiger notre société contemporaine avec un brin d'humour. Mais pas sûr qu'il m'en reste quelque chose l'année prochaine.

L'image que je retiendrai :

Le nom des nobles bretons voisins de Pierre : René et Françoise de Pen Hoël - ou encore celui du beau-père de Pierre "Robert (call me Bébert) Maudet".



libfly

Je remercie Libfly de m'avoir fait parvenir ce roman de la rentrée (lu encore une fois avec retard, toutes mes excuses)

Posté par wakinasimba à 18:27 - Auteurs en H - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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