Mot-à-mots

"J'ai commencé ma vie comme je la finirai... Au milieu des livres" (Jean-Paul SARTRE)

mercredi 29 février 2012

La Métamorphose - Kozumi SHINOZAWA

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BLF, 19 octobre 2009, 287 pages

Résumé de l'éditeur :

Imagine un monde profondément troublé... Une nouvelle doctrine se répand comme une épidémie... Les autorités sont incapables d'enrayer sa progression... Et soudain, la vie que tu connaissais disparaît !

Est-ce la fin du monde ou l'aube d'une ère nouvelle ?

Mon avis :

Offert par ma petite soeur pour Noël il y a 2 ans, je ne savais pas trop à quoi m'attendre, enfin presque.

Le résumé en jette, n'est-ce pas ? On se croirait dans un manga de SF ? Et bien pas du tout !

Tout en bas de la couverture, il y a un petit macaron : Angoulême 2010, Prix de la BD chrétienne francophone.

Et oui, ce manga est un manga catho. Il illustre le Nouveau Testament, façon musclé.

Inutile de dire que j'ai bien aimé ces évangiles remis aux goûts du jour.

 

Merci Ti'Doud'...

La semaine prochaine, je vous parle de la BD qu'elle a offert à son filleul, mon fils, cette année : il adore !

 

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mardi 28 février 2012

La malédiction d'Edgar - Marc DUGAIN

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Gallimard, 3 mars 2005, 331 pages

Résumé de l'éditeur :

"Edgar aimait le pouvoir mais il en détestait les aléas. Il aurait trouvé humiliant de devoir le remettre en jeu à intervalles réguliers devant des électeurs qui n'avaient pas le millième de sa capacité à raisonner. Et il n'admettait pas non plus que les hommes élus par ce troupeau sans éducation ni classe puissent menacer sa position qui devait être stable dans l'intérêt même du pays.

Il était devenu à sa façon consul à vie. Il avait su créer le lien direct avec le Président qui le rendait incontournable. Aucun ministre de la Justice ne pourrait désormais se comporter à son endroit en supérieur hiérarchique direct. Il devenait l'unique mesure de la pertinence morale et politique."

John Edgar Hoover, à la tête du FBI pendant près d'un demi-siècle, a imposé son ombre à tous les dirigeants américains. De 1924 à 1972, les plus grands personnages de L'histoire des Etats-Unis seront traqués jusque dans leur intimité par celui qui s'est érigé en garant de la morale.

Mon avis :

Voici un roman fort intéressant sur la façon de travailler d'Edgar (oui, je l'appelle Edgar, maintenant, car on le voit partout au cinéma et on n'entend que son nom, à croire qu'il est encore bien vivant).

Des fiches sur tout le monde ; des écoutes de tout le monde ; le nez creux pour avoir découvert le père de JFK et de Bob et s'en être fait un ami. Par certains aspects de son travail, il m'a fait penser à Charles Pasqua - mais ceci n'engage que moi.

Très intéressant de découvrir pourquoi et comment on avait tué Marilyn ; les hypothèses sur la mort des deux frères Kennedy.

Et puis que cet homme était obsedé par les communistes. Bien évidemment, l'époque voulait cela, et à l'époque de sa nomination à son  poste, sa "guerre" était justifiée. Mais plus sur la fin de sa vie. Un homme qui est resté campé sur ses positions jusqu'au bout. Au risque de mettre la nation en péril en voulant la protéger.

J'ai donc fait la découverte d'un homme qui n'avait pas de vision de l'avenir pour son pays, alors qu'il était à un poste-clé. On finit par aimer le suffrage universel pour éviter de tels dérapages...

Toutefois, le personnage de Clyde, le narrateur, m'a gêné. Forcément au courant de tous les tenants et aboutissants de toutes les affaires politiques en temps que numéro 2 du FBI et, accessoirement, amant d'Edgar, il se comporte comme s'il ne savait rien, ou en tout cas ne sachant jamais le fin mot de l'histoire. Il ne révèle finalement que ce qu'il veut. Frustrant.

Après "L'insomnie des étoiles", j'ai beaucoup aimé cet ancien roman de Marc Dugain.

L'image que je retiendrai :

Une expression, qui montre que tout le monde à Washington était au courant de l'homosexualité d'Edgar, mais que rien ne filtrait. Le couple était appelé "Johnny and Clyde".

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dimanche 26 février 2012

Les derniers secrets du Vatican - Bernard LECOMTE

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Perrin, 2 février 2012, 332 pages

Résumé de l'éditeur :

Pourquoi et comment le pape est-il devenu "infaillible" ? Qui  était la femme derrière Pie XII ? Le Vatican a-t-il aidé les  criminels nazis après la guerre ? Le pape Jean XXIII a-t-il  évité l'apocalypse nucléaire en 1962 ? Peut-on être à la fois  catholique et franc-maçon ? Qu'a-t-on trouvé dans le tombeau  de Saint Pierre ? Que se sont dit exactement Gorbatchev et  Jean-Paul II en 1989 ? Jean-Paul II a-t-il couvert les crimes  pédophiles ?

Mon avis :

Ces questions vous posent question ? Alors ce livre est pour vous.

Il n'éclaire pas tous les mystères et histoires sombres du Vatican - comme l'assassinat du commandant des gardes suisses - mais l'auteur nous éclaire sur les arcanes du pouvoir de ce petit Etat.

Une biographie de Ratzinger aide à comprendre le parcours de cet homme et sa ligne de conduite, expliquant la montée en épingle de son "faux pas" de Ratisbonne.

Très bien documenté - parfois un peu ardu pour qui n'est pas un familier du pouvoir du Pape - ce livre tente de faire la lumière sur certaines "affaires" et de rafraîchir notre mémoire, trop prompt à faire des raccourcis. (Relation Eglise - Franc-maçonnerie ou encore image du Pape Pie XII).

L'auteur est le plus clair possible, d'ailleurs, un glossaire en fin de volume a éclairé la béotienne que je suis.

Un livre qui m'a donné envie de me pencher sur le premier de cet auteur (sur ma LAL dorénavant).

L'image que je retiendrai :

La célèbre phrase de Staline : "Le Vatican ? Combien de division ?"

Et pourtant, quelques décennies plus tard, c'est cet Etat qui n'en est pas un qui va aider à renverser pas mal de situations conflictuelles entre l'URSS et les Etats-Unis.

Je remercie Babelio et son opération Masse Critique  masse_critique ainsi que les éditions Perrin pour l'envoi de ce livre qui a éclairé bien des mystères.

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vendredi 24 février 2012

Plus léger que l'air - Federico JEANMAIRE

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Joëlle Losfeld, 13 octobre 2011, 221 pages

Résumé de l'éditeur :

Une vieille fille âgée de quatre-vingt-treize ans maintient enfermé dans sa salle de bains un adolescent qui a essayé de la voler. Elle lui précise d'emblée qu'il peut hurler à sa guise mais que cela sera sans effet.

La seule condition à sa libération est d'écouter l'histoire de sa vie, parce que, au fond, cette compagnie "inespérée" permet à la vieille dame de pallier une solitude infinie et, sous couvert d'un certain moralisme, de laisser libre cours à une sorte de cruauté teintée de sadisme.

Mon avis :

Bof, bof. Il s'agit d'une espèce de monologue de la vieille dame, car on n'entend jamais la voix du jeune homme. Et il la coupe sans cesse pour lui crier des insultes ou la supplier. Donc, le récit de la vieille dame est haché. Misère....

Qui plus est, celle-ci ne raconte que la mort de sa mère qui voulait voler un jour de grand vent, mal lui en a pris. De la vie de la vieille dame, on ne saura, en définitive rien, ou pas grand chose.

Trop peu pour m'intéresser réellement à son histoire (enfin, à l'histoire de sa mère en l'occurence), trop entrecoupé pour mepermettre de plonger dans le roman. Une fin inattendue ? Non, malheureusement, ce sont des choses qui arrivent aux vieilles dames ; la vie, quoi.

Il ne me restera donc rien de ce huis-clos, à part la dernière phrase qui, à elle seule, résume le livre : "Le désir de n'importe quelle femme est plus léger que l'air".

L'image que je retiendrai :

Celle de la vieille dame faisant glisser des biscuits et des escalopes milanaise sous la porte de sa salle de bain pour nourrir sa victime-agresseur.

Posté par wakinasimba à 17:30 - Auteurs en J - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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mercredi 22 février 2012

Chi, une vie de chat - Konami KANATA

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Glénat, 17 novembre 2010, 162 pages

Résumé de l'éditeur :

Que faire quand on est un mignon petit chaton et que d'un coup, on se retrouve tout seul ? Pleurer ? Ne rien faire ? Attendre ? Non, il y a plus drôle que ça : découvrir le monde ! Du jardin public à la maison, des chaussures au vétérinaire, des balles rebondissantes aux plantes d'appartement...
La vie de chat est pleine de joies et de surprises. Et avec Chi, elle l'est encore plus ! Miaaaa...

Mon avis :

Pauvre chaton tout fatigué sur la couverture. Il m'a fait craquer et j'ai acheté la BD.

Mais bon, j'aurais dû me douter que les aventures d'un chaton serait passionnante à la hauteur de ce qu'il y a dans sa tête : pas grand chose. Et dire qu'il y a plusieurs tomes...

Pourtant, j'adore les chats. Mais les cabrioles de celui-ci ne m'ont pas fait craquer.

Bah, il a plu à mes enfants, c'est déjà ça.

 

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lundi 20 février 2012

Bonheur fantôme - Anne PERCIN

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Le Rouergue, 19 août 2009, 219 pages

Résumé de l'éditeur :

A 28 ans, Pierre a tout quitté du jour au lendemain pour aller vivre à la campagne. Tout, c'est-à-dire Paris, ses études, le milieu de la mode...

Dans ce coin très vert, un peu paumé, il soigne ses chiens et son jardin, ramasse des vieilleries et les vend, tout en entamant la biographie d'une artiste animalière du XIXe siècle, Rosa Bonheur, la bien nommée.

Des fantômes, vivants ou morts, le hantent. Ainsi qu'une très grande histoire d'amour dont il a cru se préserver...

Mon avis :

Une très belle histoire d'amour entre deux hommes. L'un, Pierre, brisé par la vie (et surtout la mort de son frère) et l'autre, qui l'héberge, le lance dans la mode et le reconstruit. Mais l'arrivée d'une intruse casse ce bel équilibre.

Tout est dévoilé en filigrane, petit à petit. Bon, parfois ça traîne un peu. L'auteur prend son temps, comme son personnage.

Comme les tableaux de Rosa Bonheur, qui donnent à voir la nature et la campagne telle qu'elle est. Sans oublier que Rosa était un personnage extravagant, à son époque.

On sent un jeune adulte encore mal dans sa peau, dans sa vie ; et qui trouve son bonheur à la campagne, au milieu de son bric-à-brac de vieilleries. En accumulant puis revendant, il se reconstruit.

Un beau récit tout en nuances et qui se termine sur une note d'espoir.

L'image que je retiendrai :

Celle des tableaux de Rosa Bonheur.

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"Le Labourage Nivernais", Musée d'Orsay 

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samedi 18 février 2012

Pétrole ! - Upton SINCLAIR

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Le livre de poche, 19 janvier 2011, 980 pages

Résumé de l'éditeur :

Comme Géant, le livre d’Edna Ferber qui fut adapté au cinéma, le récit d’Upton Sinclair se veut le roman du pétrole, volontiers scélérat. On ne manquera pas d’être frappé par la toute-puissance de J. Arnold Ross, ce magnat de la génération fondatrice de l’industrie pétrolière américaine, et par la soumission parfaite de son fils Bunny.

Pourtant, le jeune homme va s’affranchir de cette tutelle écrasante et finir par tracer son propre sillon.

Une fresque ambitieuse sur la naissance de l’Amérique industrielle.

Mon avis :

Oui, c'est une grande fresque sur la conquête du pétrole aux Etats-Unis ; oui le personnage de J. Arnold Ross est un "magnat à l'ancienne". Mais que son fils Bunny est soumis à son père, s'en est désolant.

Et puis il manque un vrai souffle épique, une vraie passion dans ce récit.

Il est vrai que je suis de parti-pris : l'histoire du pétrole ne m'a jamais exalté...

A la limite, l'évocation de la création de "l'Eglise des Saints des derniers jours" qui prend un autre nom dans le livre. Et encore. Cette histoire vient tellement en filigrane que s'en est décevant.

Pas de grande histoire d'amour non plus, rien que du pétrole, des champs de patates transformés en champs de pétrole, la construction de derricks ou encore comment analyser les carottes de pétrole, et j'en passe.

Les rêves sociaux de Junior ne m'ont pas paru bien réalisables ni réalistes dans une Amérique du profit.

Seul le personnage de Paul sortait du lot, mais je n'ai pas eu le courage de suivre son histoire.

 

Noté chez Bénébonnou qui avait été emballé : "à mettre entre toutes les mains, à savourer, à lire doucement pour s’en imprégner parfaitement." Je n'ai donc pas réussi à m'imprégner de pétrole...

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jeudi 16 février 2012

J'ai gagné !

Oui, c'est assez rare pour être souligné : j'ai gagné !

Mais laissez-moi vous raconter la génèse de l'histoire : Léokadie, une blogueuse rencontrée par hasard il y a quelques années parce que j'aime beaucoup ce prénom (ah, si j'avais eu une fille....) est partie en Thaïlande (oui, moi aussi, ça me fait rêver...)

Au retour, elle propose un petit jeu, deviner ce que c'est que ceci :

cekoissa

Et, au bout de 5 tentatives, je trouve ! Hourra ! Youpi !

Et je gagne quoi ? Ben, ce que je veux, pardi. Re-Hourra ! Re-Youpi !

Je commande donc un petit truc au crochet (ces aiguilles que je ne maîtrise pas, et pourtant, on en fait de jolies choses avec).

Et puis, hier, dans ma BAL, ceci :

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Avec des petites perles, so girly !

Merciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiissssssssssssssss Léokadie.....

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mercredi 15 février 2012

Les gouttes de dieu - Tomes 1 à 5 - Tadashi AGI

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Glénat, 2008-2011

Résumé de l'éditeur :

Fils d'un œnologue reconnu, Shizuku Kanzaki n'a aucun goût pour le vin.

Malheureusement, son père décède et, alors qu'il pensait profiter tranquillement de son héritage, Shizuku découvre qu'il a un frère adoptif. Pire, le testament de son père les met au défi de découvrir douze grands crus ainsi que le meilleur de tous, Les Gouttes de Dieu. Shizuku lancé sur une enquête d'un nouveau genre, au beau milieu des vins, des cépages et des saveurs...

Mon avis :

Je ne suis pas une habituée des mangas, et j'ai eu un peu de mal, au début, avec le sens de lecture. Et puis j'ai fini par trouver cela fort dépaysant.

J'ai donc lu les 5 premiers tomes des aventures de Shizuku à la recherche des douze apôtres et du vin parfait.

(Un cadeau de mon homme pour mon anniversaire).

Des parallèles sont fait entre le goût d'un vin particulier et un tableau précis. Bon, on ne peut pas être toujours d'accord avec le mangaka sur son ressenti et sa vision du vin. Ceci dit, ces images permettent de "se faire une idée" du goût du vin.

L'intrigue est un peu longue à se mettre en place dans le premier tome, puis l'histoire prend son rythme de croisière, la recherche commence, le duel également.

Pour le coup, j'ai ressorti des placards mon décanteur à vin, et me suis remise à acheter des bonnes bouteilles. Pas celles du manga, trop chères, mais de bons crus tout de même. 

A la fin de chaque tome, quelques pages sur les vins dont il est fait mention dans l'histoire. Un regret : il ne s'agit que de Bourgogne, pour le moment. (A voir dans les autres tomes).

L'image que je retiendrai :

Celle de Shizuku décantant le vin comme un expert qu'il n'est pas.

 

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mardi 14 février 2012

J'ai nom sans bruit - Isabelle JARRY

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Stock, 25 août 2004, 210 pages

Résumé de l'éditeur :

"J'habitais dans la rue, certes, mais je restais la même femme. Je n'étais pas folle, ni mal élevée, j'avais un peu de culture et je savais réfléchir, j'étais capable d'échanger des idées, à plus forte raison des banalités.

Mais non, personne ne désirait bavarder avec moi. Etait-ce parce que j'étais sale ? Mal habillée ? De quoi avaient peur ceux qui se détournaient, vaguement offusques ? Ils vivaient dans un monde et j'en étais exclue, cela suffisait à empêcher le moindre dialogue.

Ils se réveillaient le matin dans leur lit et prenaient leur café dans la cuisine, je me réveillais tout habillée sur le trottoir et ne buvais plus jamais de café, ils descendaient dans la rue pour aller travailler, je ramassais mes affaires et levais le camp à la recherche d'une autre rue ou m'ennuyer des heures durant. Ils se dépêchaient déjà, plongés dans l'excitation d'une nouvelle journée qui commençait, je traînais les pieds, écrasée dès le matin par l'indigence de ma condition et l'absence de toute perspective."

Mon avis :

La narratrice, jeune femme poète, se retrouve littéralement à la rue après le décès de son mari, photographe. Factures en retard, impayés, succession qui n'arrive pas, font que la garde de sa fille lui est même retirée.

Après quelques mois d'érrance dans le Paris estival, elle se souvient d'une maison de famille de son mari et décide de s'y rendre. La demeure est délabrée, mais la jeune femme la rend peu à peu habitable.

Elle va ainsi, par petites touches, retrouver le contact des autres et espérer récupérer sa fille, placée.

S'intercalle dans sa narration des souvenirs de son mariage, de la naissance de sa fille, de son métier de poète, de sa vie d'avant.

Mais ce qui lui fait le plus peur, c'est d'avoir perdu certains mots du quotidien. C'est cet aspect de l'histoire qui m'a touché. Son aphasie dont elle ne prend conscience que tardivement, lorsqu'elle reprend pied dans le quotidien. Une aphasie en forme de vortex aspirante vers le néant des mots.

Troublant et terrifiant. Ce qui m'a mis très mal à l'aise sur la fin.

Un roman bien écrit et au sujet intéressant traité tout en finesse.

L'image que je retiendrai :

Celle des bancs de la ville, pas si dur, finalement, quand on est obligé de dormir dessus. 

Posté par wakinasimba à 13:16 - Auteurs en J - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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