Mot-à-mots

J'ai commencé ma vie comme je la finirai... Au milieu des livres (Jean-Paul SARTRE)

Enola game - Christel DIEHL

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Editions dialogues, 16 février 2012, 118 pages

Résumé de l'éditeur :

Une jeune femme et sa petite fille vivent enfermées dans leur maison. À l'origine de cette claustration, il y a Enola Game, une catastrophe dont on ne connaît pas la nature exacte : accident nucléaire ? Conflit mondial ? Guerre civile ?

Au fil des semaines, malgré sa peur et son chagrin, la mère puise dans sa mémoire et ses lectures mille raisons de célébrer la vie. Les mots de Mallarmé qu'elle recopie dans son journal intime trouvent une résonance particulière dans le vide de son huis-clos :

«Ma faim qui d'aucun fruit ici ne se régale, trouve en leur docte manque une saveur égale.»

Cependant, tandis que la mère louvoie entre sa douleur, ses souvenirs magnifiés et sa volonté farouche de donner un sens à la vie de son enfant, les quelques nouvelles du monde qui lui parviennent encore sont chaque jour un peu plus alarmantes.

In fine, la question de ce roman pourrait être : que reste-t-il quand il ne reste rien ?

Mon avis :

Le debut des années 2010 aura été propice aux récits de fin du monde plutôt pessimistes (La route - Scintillation - L'abandon). Enola game est dans cette lignée.

A la suite d'une explosion de lumière, mère et fille vivent reclusent dans leur maison par ordre des "cosmonautes" qui passent tous les 3 jours dans le quartier leur apporter, ainsi qu'à leurs voisins, des vivres et de l'eau.

Nous ne savons pas ni ou ni quand se situe le récit (banlieue d'une ville américaine ou française ? et en quelle année ?), juste que la petite fille a 4 ans et que le père est parti en déplacement juste avant l'explosion.

Un récit simple mais bouleversant, la mère s'appuyant sur de nombreux textes littéraires pour donner de la poésie à son récit.

Pourtant, malgré toute sa volonté de vivre et de préserver la vie autour d'elle pour sa fille, la mère se laisse aller à la mélancolie. Le rêve est sa mémoire, mémoire d'une enfance joyeuse et insouciante, qu'elle prend plaisir, aussi parfois, à raconter à sa fille.

Car, à travers ce roman, l'auteure montre toute la difficulté d'être adulte dans un monde aux frontières mouvantes et qui tend à disparaître. J'ai aimé cet aspect-là du livre.

L'image que je retiendrai :

Celle de la mère obligée de faire un tri des livres à brûler pour pouvoir se chauffer à l'aube du printemps.

 

 

livre-voyageur

 Merci Noukette pour ce livre voyageur que j'ai apprécié lire et qui fut une parenthèse l'espace d'une après-midi.

Posté par Alex mot a mots à 12:43 - Auteurs en D - Commentaires [40] - Permalien [#]
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Commentaires sur Enola game - Christel DIEHL

  • Un bon souvenir de lecture ... j'avais beaucoup aimé mais c'est vraiment poignant !

    Posté par La Pyrénéenne, lundi 14 janvier 2013 à 13:06 | | Répondre
  • Toujours pas lu alors que tout le monde en dit le plus grand bien. Impardonnable !

    Posté par jerome, lundi 14 janvier 2013 à 13:12 | | Répondre
    • Noukette le fait voyager, si le coeur t'en dis.

      Posté par Alex mot a mots, lundi 14 janvier 2013 à 16:27 | | Répondre
  • J'ai aimé aussi ce livre, il traite le sujet sous un angle plutôt original et l'auteur a l'art de nous faire sentir les choses sans trop raconter.

    Posté par aifelle1, lundi 14 janvier 2013 à 13:48 | | Répondre
    • Tu as raison, une écriture toute en finesse.

      Posté par Alex mot a mots, lundi 14 janvier 2013 à 16:27 | | Répondre
  • un livre dont je garde de très bons souvenirs ! marquant.

    Posté par Lystig, lundi 14 janvier 2013 à 14:20 | | Répondre
  • Pas lu, et ça a l'air d'être une erreur!

    Posté par keisha, lundi 14 janvier 2013 à 15:21 | | Répondre
    • Noukette le fait voyager depuis quelques temps, si tu es intéressée..

      Posté par Alex mot a mots, lundi 14 janvier 2013 à 16:26 | | Répondre
  • Bonsoir Alex, je n'ai pas envie de lire ce genre de roman en ce moment: désolé. Bonne soirée.

    Posté par dasola, lundi 14 janvier 2013 à 18:30 | | Répondre
  • Un livre magnifique que j'ai lu avec plaisir ! bises

    Posté par Philisine Cave, lundi 14 janvier 2013 à 19:19 | | Répondre
    • Malgré le côté "noir" de l'histoire, c'est en effet un très beau roman.

      Posté par Alex mot a mots, mardi 15 janvier 2013 à 11:21 | | Répondre
  • Un souvenir de lecture très fort !

    Posté par sylire, lundi 14 janvier 2013 à 20:35 | | Répondre
    • Tu as raison, on s'en souvient longtemps après.

      Posté par Alex mot a mots, mardi 15 janvier 2013 à 11:22 | | Répondre
  • je vais sans doute le lire bientôt... y'a-t-il un avis négatif dans la salle??? je ne crois pas

    Posté par Violette, lundi 14 janvier 2013 à 20:49 | | Répondre
    • Apparemment, pas d'avis négatif pour le moment....

      Posté par Alex mot a mots, mardi 15 janvier 2013 à 11:22 | | Répondre
  • A priori et vu le sujet, je n'ai pas très envie de lire ce livre mais les avis sont tous tellement positifs que je vais l'ajouter à ma liste et le choisir si je le trouve!

    Posté par Mango, mardi 15 janvier 2013 à 07:56 | | Répondre
  • Pis pour finir, elles survivent à la mort ?
    Bisous et bon mardi

    Posté par HIL le Rhodan, mardi 15 janvier 2013 à 08:20 | | Répondre
    • Ne compte pas sur moi pour te raconter la fin ici.....
      Biz

      Posté par Alex mot a mots, mardi 15 janvier 2013 à 11:23 | | Répondre
  • J'avais vraiment adoré !

    Posté par Stephie76, mardi 15 janvier 2013 à 13:50 | | Répondre
    • Une très belle lecture, en effet. Un roman poignant.

      Posté par Alex mot a mots, mardi 15 janvier 2013 à 14:32 | | Répondre
  • Je crois que je suis la seule à avoir un avis plus mitigé sur ce roman. En fait, ma lecture de La Route de Cormac McCarthy me revenait en mémoire au fil des pages. Et comme c'est mon plus gros coup de coeur littéraire, Enola Game en a pâti

    Posté par Midola, mercredi 16 janvier 2013 à 19:57 | | Répondre
  • Depuis les 1er billets apparus sur la blogo sur ce livre, je me dis que je dois lire ce livre. Ce jour viendra peut-être !

    Posté par Géraldine, mercredi 16 janvier 2013 à 20:16 | | Répondre
    • Comme pour moi, qui aie attendu un moment, mais ça valait la peine.

      Posté par Alex mot a mots, jeudi 17 janvier 2013 à 08:36 | | Répondre
  • Dans ma pal, je reviendrai te lire avant de mettre mon commentaire

    Posté par Michel, mercredi 16 janvier 2013 à 21:41 | | Répondre
  • Une lecture pas toute neuve pour moi, mais aussi un bon souvenir.

    Posté par DF, mercredi 16 janvier 2013 à 23:21 | | Répondre
  • Comme tous les blogs ou presque ont aimé, je l'avais noté mais j'ai eu ma part de postapocalypse depuis quelques mois, donc, celui-là va attendre.

    Le Papou

    Posté par Le Papou, jeudi 17 janvier 2013 à 16:22 | | Répondre
    • Entre le post-apocalyptique et la guerre, nous sommes servis en ce moment, en effet.

      Posté par Alex mot a mots, samedi 19 janvier 2013 à 08:09 | | Répondre
  • Je suis ravie du beau chemin que fait ce premier roman...! Il le mérite !

    Posté par Noukette, lundi 21 janvier 2013 à 23:18 | | Répondre
  • J'ai bien aimé, mais moins que toi tout de même.

    Posté par Une Comete, mardi 22 janvier 2013 à 09:52 | | Répondre
  • J'en garde un bon souvenir, en effet.

    Posté par Alex mot a mots, mardi 22 janvier 2013 à 12:57 | | Répondre
  • Il m'a tout autant plu, un délice !

    Posté par SeriaLecteur, mercredi 3 avril 2013 à 20:26 | | Répondre
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