Mot-à-mots

J'ai commencé ma vie comme je la finirai... Au milieu des livres (Jean-Paul SARTRE)

La petite fille qui aimait trop les allumettes - Gaétan SOUCY

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Seuil, 18 février 2000, 179 pages

Résumé de l'éditeur :

"Nous avons dû prendre l'univers en main mon frère et moi car un matin peu avant l'aube papa rendit l'âme sans crier gare. Sa dépouille crispée dans une douleur dont il ne restait plus que l'écorce, ses décrets si subitement tombés en poussière, tout ça gisait dans la chambre de l'étage d'où papa nous commandait tout, la veille encore. Il nous fallait des ordres pour ne pas nous affaisser en morceaux, mon frère et moi, c'était notre mortier. Sans papa nous ne savions rien faire. A peine pouvions-nous par nous-mêmes hésiter, exister, avoir peur, souffrir."

Mon avis :

Je découvre l'auteur avec ce roman, et ainsi l'univers particulier qu'il a su créer au fil des pages. Un univers exigeant, dans lequel il faut du temps pour entrer, car la langue destabilise, à l'image du personnage principal du récit, destabilisée et destabilisante elle aussi.

Un univers dans lequel rien n'est fixe et tout est à découvrir, jusqu'à la dernière page.

Un titre qui reste énigmatique longtemps, à l'image de cette famille dont on devine l'histoire peu à peu.

Car rien n'est donné d'entrée de jeu, dans ces pages. Tout est à décoder petit à petit, et un mystère en entraine un autre.

Une voix à part dans l'univers de la littérature francophone.

L'image que je retiendrai :

Celle de la salle de bal qui tombe en ruine avec les 400 couverts rangés en ordre de marche, brillants sous le soleil.

Quelques citations :

"Ainsi vont les mot. Ils arrivent toujours, coûte que coûte, à se poser quelque part, et cela seul est important." (p.142)

"J'avais définitivement compris que nos rêves ne decendent sur terre que le temps de nous faire un pied de nez, en nous laissant une saveur sur la langue, quelque chose comme de la confiture de caillots (...)" (p.157)

Posté par Alex mot a mots à 12:22 - Auteurs en S - Commentaires [24] - Permalien [#]
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Commentaires sur La petite fille qui aimait trop les allumettes - Gaétan SOUCY

  • Quel livre ! Très surprenant ! et un bon souvenir.

    Posté par Syl., vendredi 20 juin 2014 à 15:34 | | Répondre
  • Je me souviens avoir été déstabilisée par cette lecture....

    Posté par Sudisine, vendredi 20 juin 2014 à 15:49 | | Répondre
  • Pas sûre que j'aimerais...

    Posté par Anne Sophie, vendredi 20 juin 2014 à 22:46 | | Répondre
    • Il faut tenter, comme moi. Et puis il est court.

      Posté par Alex mot a mots, dimanche 22 juin 2014 à 11:01 | | Répondre
  • C'est un roman qui m'a complètement scotchée. J'en ai lu un autre de l'auteur après, qui m'a paru nettement moins fort.

    Posté par aifelle1, samedi 21 juin 2014 à 06:21 | | Répondre
    • Flûte, moi qui avait envie d'enchaîner. Mais il paraît difficile de faire aussi fort.

      Posté par Alex mot a mots, dimanche 22 juin 2014 à 11:01 | | Répondre
  • Un auteur dont on a beaucoup parlé sur les blogs, à une époque.

    Posté par keisha, samedi 21 juin 2014 à 10:19 | | Répondre
  • Je ne sais pas s'il me plairait. Ça a l'air un peu compliqué

    Posté par Laeti, samedi 21 juin 2014 à 11:09 | | Répondre
  • Alex, tu me fends le cœur ! Déstabilisée tu étais mais je t'ai lu et relu et tu ne donnes pas ton sentiment profond. As-tu aimé ou non ?
    Je te donne ma réponse perso de mars 2011:
    Ai-je aimé ? On ne peut pas aimer un tel livre. On ne peut pas aimer un livre qui vous tord les tripes, vous expulse de votre confort, et fatigue votre cerveau à trouver des réponses sans être sur qu’elles soient bonnes.
    Le Papou

    Posté par Le Papou, samedi 21 juin 2014 à 15:57 | | Répondre
    • Quelques jours plus tard, je peux dire que j'ai aimé. J'en ai même parlé autour de moi, c'est dire. Il est déstabilisant, mais il reste tellement en mémoire que l'on ne peut passer à côté d'un tel livre.
      Bon dimanche.

      Posté par Alex mot a mots, dimanche 22 juin 2014 à 11:04 | | Répondre
  • Ce livre me fait peur...je n'arrive pas à savoir si tu l'as aimé.
    Parce qu'il est très déstabilisant je crois....

    Posté par sous les galets, samedi 21 juin 2014 à 17:09 | | Répondre
    • Très, en effet. Mais au final, j'en garde un bon souvenir.

      Posté par Alex mot a mots, dimanche 22 juin 2014 à 10:59 | | Répondre
  • Bien envie de tenter !

    Posté par Gambadou, samedi 21 juin 2014 à 21:39 | | Répondre
    • Il est court, si jamais tu n'accroches pas. Mais j'ai eu envie de savoir la fin !

      Posté par Alex mot a mots, dimanche 22 juin 2014 à 10:59 | | Répondre
  • un livre étrange...

    Posté par Lystig, dimanche 22 juin 2014 à 11:04 | | Répondre
    • Oui, une atmosphère et une narration à part.

      Posté par Alex mot a mots, dimanche 22 juin 2014 à 11:05 | | Répondre
  • Je ne suis pas très tentée. Ca a l'air trop particulier.

    Posté par Manu, dimanche 22 juin 2014 à 18:48 | | Répondre
    • Tu as raison, c'est une lecture vraiment particulière.

      Posté par Alex mot a mots, lundi 23 juin 2014 à 11:28 | | Répondre
  • Pour moi le plus fort des livres de cet auteur et un très grand coup de cœur. J'avais aussi été déstabilisée et je suis restée longtemps sans rien pouvoir lire après tellement les images et la langue résonnaient fortement.

    Posté par somaja1, dimanche 22 juin 2014 à 20:31 | | Répondre
    • Un roman qui m'a presque laissé sans voix, en effet.

      Posté par Alex mot a mots, lundi 23 juin 2014 à 11:29 | | Répondre
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