mercredi 21 octobre 2009
Et que le vaste monde poursuive sa course folle - Colum McCANN
Belfond, 13 août 2009, 435 pages
7 août 1974. Sur un câble tendu entre les Twin Towers s'élance un funambule. Un événement extraordinaire dans la vie de personnes ordinaires.
Corrigan, un prêtre venu d'Irlande, vient en aide aux prostituées, et aux personnes âgées du Bronx. Son frère le rejoint, après le décès de leur mère et découvre Corrigan dans un appartement toujours ouvert aux quatres vents. Sa mission : aider les prostituées du mieux qu'il peut, quitte à aller les défendre en plein tribunal. Ce 7 août, en allant chercher Jazzline au fond de sa prison, il a avec elle un accident de voiture.
Ce même jour, dans un luxueux appartement de Park Avenue, des mères de soldats disparus au Vietnam se réunissent pour partager leur douleur et découvrent qu'il y a entre elles des barrières que la mort même ne peut surmonter.
Mon avis :
le personnage du prêtre est trop nihiliste pour être crédible, je trouve. Ce qui fait que j'ai eu un peu de mal à adhérer à ce premier personnage. En revanche, les autres sont plus convaincants, et décrit avec beaucoup de finesse.
Au final, j'ai bien aimé ce roman qui dépeint une Amérique 1970 pas si loin de celle de 2009.
mardi 22 septembre 2009
Tokyo Express - MATSUMOTO
Philippe Picquier, 1998, 189 pages
Les cadavres d'un obscur fonctionnaire et d'une serveuse de restaurant de Tokyo sont découverts sur une plage de l'île de Kyushu. Conclusion : double suicide amoureux par empoisonnement au cyanure.
Mais deux détails attirent l'attention des enquêteurs. L'homme est resté seul six jours dans un hôtel et un seul ticket de la voiture-restaurant du train est retrouvé dans sa poche. Le couple n'a donc pas voyagé ensemble. Lorsqu'il apprend que le mort travaillait dans un ministère où une affaire de corruption est sur le point d'éclater, l'inspecteur Mihara estime qu'il y a eu crime. Pour détruire l'alibi d'un suspect, il se met à étudier minutieusement les horaires de chemins de fer...
Mon avis :
Où je me suis replongée dans les trains japonais après "Le vase de sable" du même auteur et les enquêtes lentes et minucieuses mais abouties.
Mon homme n'a pas aimé les horaires de train à gogo (surtout quand ils sont écrits en toutes lettres...).
J'ai été sensible à cette histoire d'amour qui en cache une autre.
Merci Soie pour ce livre-voyageur.
mercredi 2 septembre 2009
Les rosiers blancs - Joëlle MIQUEL
Belfond, 1989, 179 pages
Mathilde est une petite fille pleine de vie qui, un matin, ne peut plusmarcher sur le carrelage de sa chambre : elle est malade. Sa mère décide alors de passer tout son temps à la soigner, au détriment de son mari et de ses 3 fils.
Dans "la maison dans les bois", aidé par un traitement médical, Mathilde va peu à peu réapprendre à marcher et ainsi réintégrer la vie.
Mais sa mère et son père se séparent, et Mathilde décide de rester avec sa mère. Mais l'adolescence est difficile, et une rupture avec son petit ami font que Mathilde devient anorexique.
Grâce à Monsieur Michel, elle reprend goût à la nourriture et à la vie et décide, une fois son diplôme d'infirmière en poche, de partir travailler sur une île.
Mon avis :
je ne l'avais pas réservé à la BM, et pourtant, il s'est retrouvé dans mon "paquetage" de réservations ! Bon, je l'ai lu tout de même : pas beaucoup de pages, et écrit gros = lecture rapide.
Ce roman m'a touché par les épreuves que traverse Mathilde et par sa force de vie.
En revanche, j'ai été gênée par le style de l'auteure qui alterne entre le "elle" et le "je" pour Mathilde (focalisation externe et focalisation interne, parfois dans une même phrase). puis, passé cet obstacle, je me suis laissée emporter par la lecture de ce petit livre.
Comme quoi, les hasards ont du bon.
jeudi 27 août 2009
Et tous les autres crèveront de Marcus MALTE
Zulma, collection Quatre-bis, 2001, 208 pages
Né à Saint-Étienne, Tony adorait aller au stade, encourager l'équipe des Verts, avec son père. Celui-ci, tourneur dans une usine d'armement, a été licencié après vingt ans de loyaux services et les choses ont commencé à basculer. Il est mort lorsque Tony avait tout juste treize ans et l'adolescent s'est mis à avoir de drôles de fréquentations, notamment la jeune Lucy qui l'a initié à l'amour physique. Puis, Tony a commis sa première bêtise avec le braquage raté d'une station-service suivi de plusieurs mois de prison. Durant sa détention, il a sympathisé avec un gros dur et la chute a commencé…
Quant à Lucy, de son vrai nom Sylvie Auclair, elle est devenue une célèbre présentatrice des informations télévisées. Mais elle souffre d'un mal étrange qu'aucun praticien n'est arrivé à identifier. Il faut dire que Lucy revient de loin. Fille d'un couple de soixante-huitards – d'autant plus acharnés que sa mère avait un papa gros industriel qui lui envoyait des mandats –, elle a connu la vie communautaire et mené une existence dissolue entre 12 et 17 ans avant de couper les ponts de façon violente avec sa famille.
Mon avis :
pas facile de rentrer dans la narration, mais une fois compris "le truc" qui met ces deux vies en parrallèle, la lecture démarre et nous entraîne loin...
Encore une fois, j'ai été ébouriffée par cet auteur.
Dédicacé par l'auteur dans le cadre du "Quai du polar 2009"
mardi 18 août 2009
Jusqu'au dernier de Déon MEYER
Le Seuil, collection Points, 2002, 456 pages
Depuis la mort de sa femme, l'inspecteur Mat Joubert, de la brigade des Vols et Homicides du Cap, ne s'intéresse plus à rien. Jusqu'à l'arrivée de son nouveau chef, le lieutenant Bart de Wit, formé à Scotland Yard, qui l'oblige à cesser de fumer, à maigrir et à consulter une psychologue, bref à se respecter et à travailler mieux sur deux enquêtes importantes.
La première concerne un certain "Monsieur Mon Coeur" qui dévalise une à une les succursales de la Banque Premier, et qui appelle les caissières "Mon Coeur", d'où son surnom.
La seconde a pour objet des meurtres perpétrés à l'aide d'un Tokarev, arme dont se servaient les guerillas marxistes en Angola, ou d'un Mauser, tout droit sorti de la guerre des Boers.
Meurtres politiques, crapuleux, voire mafieux, personnes n'a de piste sérieuse et les crimes et les hold-up continuent...
Mon avis :
un très bon polar sans trop de sang, un inspecteur qui se prend en main et qui encourage son équipe, dans la nouvelle Afrique du Sud de Mandela... il y aurait un peu de politique là dessous que ça ne m'étonnerai pas.
Lu dans le cadre du "défi littérature policière sur les 5 continents".
lundi 27 juillet 2009
Kafka sur le rivage de Haruki MURAKAMI
10/18, domaine étranger, 2007, 638 pages
Kafka Tamura, quinze ans, s'enfuit de sa maison de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcée contre lui : "Tu tueras ton père et tu coucheras avec ta mère et ta soeur". Kafka décide de partir pour le Shikoku, plus exactement à la bibliothèque Komura de la ville de Takamatsu. Il se lie d'amitié avec le bibliothécaire et finie par s'installer dans une pièce de la maison Komura.
De l'autre côté de l'archipel, Nakata, un vieil homme amnésique, découvrant qu'il ne sait plus parler aux chats, décide lui aussi de prendre la route. Un jeune routier le prend en cour de route et fait tout le trajet avec lui jusqu'au Shikoku. Mais Nakata ne sait pas ce qu'il cherche...
Leurs deux destinées s'entremêlent pour devenir le miroir l'une de l'autre tandis que, sur leur chemin, la réalité bruisse d'un murmure enchanteur. Les forêts se peuplent de soldats échappés de la dernière guerre, les poissons tombent du ciel et les prostituées se mettent à lire Hegel.
Mon avis :
un roman ? un conte ? un mythe ? Un peu de ces trois formes narratives s'entremèlent dans ce long récit qui mèle rêve et réalité.
Un hymne aux bibliothèque et au rêve.
Vous l'aurez compris : un coup de coeur !
jeudi 23 juillet 2009
Le bal des imposteurs de Richard MASON
Jean-Claude Lattès, 2001, 376 pages
James Farell a devant les yeux le corps de sa femme, Sarah, qui s'est suicidée dans leur château de Setton. Sauf que James sait que Sarah ne s'est pas tirée une balle dans la tête, car c'est lui qui l'a tué.
Une fois seul dans sa grande demeure glaciale, il revient sur sa vie et les circonstances qui l'ont poussé à ce geste : jeune homme violoniste plein de talent, il tombe amoureux d'Ella, une richissime héritière qui doit se marier, mais qui ne le veut pas. Elle aussi tombe amoureuse de James, mais il lui faut du temps pour rompre ses fiançailles avec Charlie. Charlie, qu'elle avait pris à sa cousine, Sarah.
Pendant ce temps, James décide de partir avec son ami et musicien français Eric à Prague où ce dernier doit gérer la succession de sa grand-mère, une artiste peintre célèbre. Mais Eric est amoureux de James.
Ella voit les garçons et leur propose de les rejoindre dans le sud de la France, une fois la succession achevée. Mais dans cette grande maison fermée pour l'hiver, Ella demande à James de lui prouver son amour, ce qui tuera Eric.
Mon avis :
Il faut savoir que ce livre a été écrit par un garçon de 18 ans, ce qui explique, après coup, que son héros soit un peu énervant de naïveté parfois.
Un peu trop de "je vous expliquerait plus tard" dans la narration qui l'alourdis inutilement.
Mais cela reste une bonne enquête psychologique sur fond de noblesse anglaise, comme au 19e siècle, ce qui m'a un peu perturbé au départ, ne sachant quand situer l'action. Mais ce fut une belle découverte.
mardi 7 juillet 2009
Intérieur nord de Marcus MALTE
Zulma, 2008, 139 pages
4 histoires au coeur de l'hiver : Musher - Jardinier - L'ange pleureur - Jeanne, ma Jeanne.
4 vies qui basculent, chacunes de façon différentes, 4 voix d'hommes à l'hiver de leur chemin, quand les cendres sont froides, et les désirs éteints.
Mon avis :
4 très belles histoires très dures, et, comme le dit la dédicace de Marcus Malte : " ces quelques éclats de voix au coeur de l'hiver"...
mercredi 3 juin 2009
Edimbourg Express d'Alexander MacCALL SMITH
10X18, 2009, 430 pages
La suite de 44, Scotland Street.
La vie poursuit son cours au 44, Scotland Street. Si Pat MacGregor partage toujours son appartement avec l'insupportable Bruce, les sentiments qu'elle avait pour lui appartiennent bel et bien au passé. Pendant que celui-ci se remet d'une rupture et d'un licenciement en s'admirant devant la glace, Pat accepte une surprenante invitation... à un pique-nique nudiste !
Un étage plus bas, Bertie, 6 ans et toujours aussi intelligent, tente par tous les moyens de s'affranchir de l'implacable programme établi par sa mère qui, outre le yoga et le saxophone, comprend désormais une thérapie avec le terrifiant Dr Fairbairn. Etonnamment, c'est peut-être en la personne de son père qu'il trouvera un allié de taille...
Mon avis :
Des personnages toujours aussi haut en couleurs, même si l'auteur semble préféré, dans ce 2e opus, décrire les difficultés de Bertie. Je lui en sais gré !
vendredi 15 mai 2009
Chroniques de San Francisco de Armistead MAUPIN
Passage du Marais, 1994, 312 pages
Mary Ann débarque à San Francisco et loue un appartement chez Anna Madrigal.
Petit à petit, elle trouve un job et découvre les autres habitants de la maison, ainsi que les us et coutumes de la ville. L'histoire se déroule à la fin des années 1970 : la ville attire les homosexuels avec leurs codes et leurs lieux de rencontres. Cohabitent aussi avec eux, dans cette ville aux nombreux quartiers, une bonne bourgeoisie. Les deux milieux, parfois, se rencontrent.
Au fil de l'histoire, nous suivont 6 personnages principaux qui dressent le portrait de l'ex-ville hippie, avant l'apparition du SIDA.
Mon avis :
Parue sous forme de chroniques dans un quotidien, l'écrture est très achée, composée surtout de dialogues. La psychologie des personnages est inexistante, de même que leur description. Le lectuer doit deviner les codes vestimentaires et capillaires, ainsi que les références locales, pas toujours facile.
Malgré tout, je me suis laissée prendre à l'histoire, masi je ne sais pas si j'en lirai d'autres (il y en a 9 en tout).
























